Sébastopol ou la ville interdite

On se réveille tout doucement chatouillés par la chaleur des rayons du soleil! Ah quel plaisir, le wagon est baigné d'une lumière chaleureuse. Il doit être 8h00 du mat', il reste encore quelques heures de voyage. On larve tranquillement dans le lit, on a super bien dormi cette nuit et on a bien fait de prendre cette première classe, on a été peinard, les lits étaient plutôt bons, et il ne faut pas oublier qu'il y a 13 heures de voyage quand même (pour 600 kms environ). En regardant par la fenêtre, ce qui est assez bizarre c'est qu'il y a énormément de miradors ou de guitounes, en fait, à chaque tunnel et pont. A vrai dire, je n'ai aucune idée du pourquoi, mais on se pose quelques questions quand même sur l'endroit où on arrive... Puis bientôt, la mer fait son apparition dans le paysage! On approche! Le temps de ranger nos affaires, préparer nos sacs, et le train s'arrête en garde Sébastopol (Севастополь), le terminus. Comme toujours quand on débarque dans un nouveau coin, il faut se repérer, trouver où prendre les bus pour rejoindre la ville et surtout savoir lequel prendre! Après quelques minutes d'attente à l'arrêt, on prend une marchroutka pour aller en ville. La gare étant proche du port militaire, il faut grimper pas mal pour arriver en ville. Et finalement, toujours grâce à la méthode de repérage sur la carte (je commence à devenir aussi efficace qu'un GPS!), on descend pas loin de l'hotel qui se révèle être un modèle typique de l'ère soviétique. Grand batiment de style, gros tapis et hauts plafonds pour l'intérieur et pour finir une toute petite chambre sans style pour nous :) On s'installe tranquillement et nous decidons de descendre vers la mer et le port pour casser la croute.

Il n'y a pas grand chose finalement et on tente le Potato House, il est pas loin 15h00 et nos estomacs crient famine. On a du mal à comprendre comment ca marche, et une serveuse vient nous voir pour nous expliquer. Mais pas de bol, personne dans le personnel ne parle anglais et nous, on capte rien non plus à leurs explications. Finalement, la serveurse remet la main une vieille carte en anglais, et on finit par commander un truc à manger et à boire. Et encore, on n'a pas tout compris car le plat arrive déja garni (des pommes de terre) puis arrive la garniture qu'on a commandé en plus (un gratin de pomme de terre). Ouch, ca fait beaucoup d'un seul coup même si on avait vraiment faim! On se fait une promenade en bord de mer et on finit par se retrouver au milieu d'une base russe. Bon, faut quand même avouer qu'on avait traversé un endroit ou y'avait un drapeau russe et une cloture tombée. Et donc on se arrive au portail gardé par un soldat et on passe comme si de rien n'était en espérant qu'on ne se fasse pas interpeler. Comme c'était pour sortir du camp, c'est passé sans problème... Tiens, c'est le moment de parler un peu histoire, et d'expliquer le titre. Il faut savoir que Sebastopol a été une ville qui a été longtemps fermé aux civils car c'est la base navale de l'armée russe et de la marine ukrainienne. C'est d'ailleurs encore un sujet de conflit entre les deux pays. Et donc, on peut y voir des sous marins accostés et des militaires russes partout. Au retour de la balade, on s'assoit a un carrefour pour regarder/apprécier le merdier de la circulation ukrainienne. Franchement, ça occupe et c'est plutôt marrant à voir, y'a des voitures dans un peu tout les sens, ça se croise n'importe où, etc. Comme on a mangé tard et plutôt pas mal tout à l'heure, personne n'a faim, on va juste acheter des yaourts et quelques conneries à manger pour le soir puis on se couche la dessus.
