Chop, passage à la douane

Puis finalement le train repart pour l'Ukraine. Il faut que je vous décrive un peu le tableau là. Le ciel est d'un gris très sombre qui tourne sur le noir, il arrête pas de pleuvoir. Le train roule très lentement car les rails sont pourris, ca secoue le wagon. Dehors, nous traversons un terrain marécageux avec des miradors à l'abandon et le plus souvent vide disséminés un peu partout. Des barbelés rouillés sont dressés. Avec Fred, on se regarde se demandant où on allait. Après un quart d'heure qui a duré une éternité, le train arrive en gare, nous voici à Csop (Chop / Чоп). Des douaniers armés font signe à tout le monde de descendre et de se diriger vers un hall. Une fois dedans, les douaniers verrouillent la porte avec un vieux cadenas, nous voila enfermés. La seule sortie possible est maintenant le fond de ce hall immense et vide où se trouve deux petites guérites. Les gens font la queue et attendent leur tour. Certaines personnes remplissent un papier appelé Deklaratia, et on se demande si on doit le remplir aussi ou pas vu que le via a été supprimé pour les européens. Dans le doute, nous le remplissons tant bien que mal. Le lieu de résidence en Ukraine est demandé, je choisis un hôtel au pif dans le guide. Tout le monde est passé, il ne reste plus que nous deux. Je m'engage et donne mon passeport. Le douanier, portant un uniforme typiquement russe, est un peu surélevé par rapport à moi, et une lampe est pointée sur moi. Je dois dire que j'en mène pas large. Il consulte mon passeport, le scrute dans tous les sens, me pose quelques questions comme le but de ma visite, puis tamponne mon passeport avant de me le rendre. Un peu plus loin, a lieu la fouille des sacs. Ils (oui, ils étaient 3 pour la fouille) me posent quelques questions que je capte pas, et voyant mon air ébêté me font signe de passer. Me voila officiellement en territoire Ukrainien!
Premiers pas en Ukraine

On se retrouve avec Fred dans le hall de la gare qui est immense et vide à part quelques seaux par terre pour récupérer la flotte qui tombe du toit percé. Nous sommes assaillis par plein de personnes qui font du change, qui proposent un taxi et surtout des mamies qui sont prêtes à racheter notre billet retour! Alors, je ne sais pas si il y a un accord ou quoi, mais c'est bizarre qu'on nous donne un billet retour quand on achète un billet et que de l'autre côté de la frontière les gens se battent pour le racheter! On fait un petit tour du coin sous la pluie et nous retirons de l'argent à un distributeur pour acheter un billet de train pour Lviv (Львів). Le train ne part pas tout de suite, ça nous laisse un peu de temps pour trouver à manger. Pas de resto à l'horizon, il pleut toujours, nous nous rabattons sous une tente épicerie qui vend un peu de tout. Nous prenons quelques paquets de gâteau et de l'eau. On retourne s'abriter dans la gare en attendant le train puis vient l'heure et nous découvrons les trains ukrainiens. Ils sont beaucoup plus larges et grands que les européens. Il y a un préposé à chaque wagon qui accueille, contrôle les billets et fait le service durant le voyage. L'intérieur des trains est très cossu avec de gros tapis épais et chaque fenêtre à de lourds rideaux carmins. Dans le compartiment, on se retrouve avec un gars sympa avec qui on communique en anglais, allemand, avec les mains.Durant le voyage, une nana nous rejoint dans le compartiment puis partage quelques bonbons. En fait, c'est une coutume de partager ce qu'on mange avec les gens de son compartiment. Nous arrivons vers 21h30 à Lviv, il fait déjà nuit. Bon, c'est franchement une mauvaise idée de débarquer de nuit dans une ville qu'on ne connait pas. Les envions de la gare n'étant pas très rassurants, nous prenons un tram pour gagner le centre ville et trouver un hôtel. Par contre, dur dur de savoir à quel arrêt descendre. La contrôleuse ne comprend pas où on veut aller même en lui montrant sur la carte. Tant pis, j'essaie de repérer avec la carte les endroits où l'on passe et on descend à un endroit que je crois reconnaître. Finalement, on est tombé pas trop loin de l'hôtel et en marchant 1/4 heure, nous y arrivons. L'hôtel George est typiquement russe, de très hauts plafonds, des gros tapis partout, par contre, une fois passé la porte de notre chambre, ca fait moins classe d'un coup. C'est une petite chambre avec 2 lits et un lavabo, mais ca ira très bien. Nous déposons nos affaires et allons faire un petit tour dans le coin pour trouver à manger. En tram, nous étions passés devant un McDo, mais impossible de le retrouver, alors nous nous rabatons sur le seul bouiboui ouvert et nous achetons 2 trucs que nous pensions salés alors qu'au final c'était deux desserts. Et là dessus, nous allons nous coucher pour nous requinquer après cette journée chargée.