Vizzavona - Capanelle (Etape 10)

Mercredi 26 mai - 5h30. Réveil difficile, mais faut y aller! Nous partons à 6h30, bien requinqués par ces 2 jours de pauses sans courbatures à part Fred (sûrement à cause de l'alcool de la veille). C'est super agréable de retrouver la forme, en plus, le terrain est agréable, tout se passe en sous-bois.. Aaahhh, finalement, le GR20 c'est pas si terrible! Nous arrivons vers midi au refuge d'E Capanelle, l'étape a été courte finalement. Le refuge est tout petit et n'est pas gardé. Nous prenons notre repas ici, de la grande gastronomie de randonneur : une bouillie de blé mélangée avec de la vache qui rit, le tout inondée d'huile d'olive au basilic. Le coin étant vraiment moche (station de ski l'hiver), après consultation de la carte, nous partons pour les bergeries de Capelle à 1 heure de marche. Une fois sur place, les bergeries ne sont pas habitées, mais le coin est sympa, alors nous posons les tentes. Fred en profite pour faire un brin de lessive pendant que nous lézardons au soleil. Puis vient l'heure (17h45 quand même) du repas qui fut sommaire (soupe et sauciflard) pour se coucher super tôt à 19h00! Mais avant de se coucher, nous décidons de nous protéger des grands prédateurs corses à savoir les cochons sauvages. Pour cela, nous faisons un petit mur avec la caillaisse, histoire de les bloquer d'une part et que cela fasse du bruit d'autre part!

Capanelle - Prati (Etape 11)

Réveil comme d'hab à l'aube, vers 5h30. Nous avons passé une bonne nuit malgrè la petite pluie qui est tombée, et il semblerait que les cochons ne soient pas passés dans le coin. Il fait froid dehors, j'ai un peu de mal à sortir de mon petit sac de couchage douillet quand Fred arrive en me disant : "Vite, ton appareil photo, y'a un gros lezard avec des taches oranges, on dirait de la réglisse à machouiller!". Ni une, ni deux, je suis debout, en réfléchissant à cette bestiole, mes souvenirs de l'époque où je remplissais mon album Panini sur le WWF me reviennent, ca ne peut être qu'une salamandre! Diantre, il faut que je la vois! Effectivement, c'est plutot rigolo comme bêbête. Après ce réveil très frisquet, on ne traine pas! Démontage des tentes sans prendre le ptit dej, on se les pèle trop, on mangera plus tard une fois que le soleil nous réchauffera de sa douce chaleur... Ce matin, nous avons croisé un bon paquet de salamandres (est-ce le coin ou la pluie de la nuit qui les a faites sortir?), mais aussi pas mal de processions de chenilles dont des très longues (imaginez un peu une succession de milliers chenilles qui fait une dizaine de mètres!) ainsi que pas mal de cochons sauvages. Au col de Verde, nous nous arrêtons au refuge pour prendre un bon chocolat chaud avec du babybel, du saucisson, des barres de céréales, bref de quoi se retaper avant d'affronter la dernière mais terrible montée (+600m) de la journée. Fred et moi partons sur les chapeaux de roues, remontés à bloc, doublons un groupe d'allemands en balade et arrivons finalement au refuge en 1 heure! La vache, ce fut bien violent mais que c'est booonn :) Bon, toujours la même rengaine, douche bien chaude, bain moussant, masseuses à l'arrivée avec cocktail de bienvenue au refuge. Ah non, je me suis trompé de carnet de voyage! Nous glandons tranquillement en attendant que le repas du soir soit servi. Dehors le temps est pourri, on voit que dalle, on est dans les nuages quoi... Revenons aux choses sérieuses, le repas! Ce sera charcutaille, sanglier pates et fromage... pfiouu toujours aussi bons et copieux ces collations de montagnards! Et hop au lit comme les poules, demain nous voulons partir tôt car le temps est vraiment incertain...
"Lorsque tu voyages, tu fais une expérience très pratique de l'acte de renaissance. Tu te trouves devant des situations complètement nouvelles, le jour passe plus lentement et, la plupart du temps, tu ne comprends pas la langue que parlent les gens. Exactement comme un enfant qui vient de sortir du ventre de sa mère. Dans ces conditions, tu te mets à accorder beaucoup plus d'importance à ce qui t'entoure parce que ta survie en dépend. Tu deviens plus accessible aux gens car ils pourront t'aider dans des situations difficiles. Et tu reçois la moindre faveur des Dieux avec une grande allégresse, comme s'il s'agissait d'un épisode dont on doit se souvenir sa vie restante" (Paolo Coelho)