Retour à Chisinau

Boris nous dépose à l'appart' en début d'après-midi avec Natasha qui prend aussi congé. Nous décidons d'aller retirer un peu de sous moldaves car on n'a encore rien pour le moment. On tente avec nos cartes bancaires dans quelques distributeurs mais cela ne fonctionne pas, ça marque une erreur. Bon, à vrai dire, c'était plutôt prévu car j'avais fait des recherches sur le net avant de partir et ce problème y était référencé. La seule solution, c'est de faire ça à un guichet de banque. On se lance et on rentre dans une banque. Il y a pas mal de monde, on attent patiemment notre tour qui vient après une dizaine de minutes. La nana parle pas anglais, on tache de lui faire comprendre sur un bout de papier la somme qu'on veut retirer. Finalement, on finit par avoir ce qu'on voulait (comme toujours!). Maintenant qu'on est riches, on peut enfin aller flâner dans le centre-ville. Il y a à peu près 45 minutes de bus pour y arriver car nous sommes dans la banlieue de Chisinau. Il y a pas mal de monde, le temps est plutôt agréable. Nous nous prenons une glace et j'en profite pour faire quelques photos de nuit.
Soroca, capitale mondiale des gitans

Jeudi 30 août, 7h00. Nous nous réveillons tout doucement, relativement tôt car il y a pas mal de route à faire aujourd'hui en car. Nous changeons de guide aujourd'hui, mais elle s'appelle aussi Natasha, c'est une blonde pas mal foutue. Elle arrive à 8h30 et nous dit qu'on doit pas trainer car on a un bus à prendre. Elle appelle un taxi qui arrive assez vite. Le temps qu'elle négocie le prix, nous voilà en route pour la gare routière à vive allure. On enchaine ensuite avec un bus pendant 2h30 sur des routes dans un état moyen mais qui nous permet d'apprécier la campagne moldave. Les maisons sont très souvent peintes, les vaches broutent dans les fossés au bord des routes et nous dépassons souvent des charettes. Soroca, notre destination, est aussi le terminus du bus. Le temps est vraiment très moyen, il se met même à pleuvoir. Il y a un petit quart d'heure de marche jusqu'au chateau que nous allons visiter. Tout d'abord, il est en excellent état et le gardien du chateau parle bien français et a une bonne culture française, nous discutons un peu de tout, de France, de Lyon, de la révolte des Canuts qui aurait inspiré le communisme. Ce chateau a joué un grand rôles contre les invasions de l'Est et est à la frontière de la Moldavie et l'Ukraine, c'est le Dniepr qui fait la séparation. Après la visite, Natasha nous propose d'aller manger dans un petit resto assez sympa qu'elle connait. On commence donc à déambuler dans les rues et nous arrivons dans une rue particulièrement défoncée, c'est là qu'est le resto. L'intérieur est bien aménagé, propre et la cuisine était simple mais vraiment bonne.On a pris de la mamaglia, une spécialité moldave qui est en fait une sorte de polenta. Soroca est aussi connu pour être une ville où les gitans se sont installés. Dans les années 90, avec pas mal d'argent, ils ont commencé à construire d'immenses barraques en faisant la course à celui qui en mettrait plein la vue. Et finalement, par manque d'argent, peu de maisons sont vraiment finies. Ca fait bizarre comme impression de se promener au milieu de ses grandes batisses en construction et habitées. Nous redescendons à la gare routière prendre notre bus, il faut se battre à la caisse pour avoir son ticket mais nous finissons par en avoir un. Le bus est carrément moins confortable qu'à l'aller car c'est une cammionnette aménagée avec des banquettes. Les genoux morflent contre la banquette de devant car il n'y a pas de place. 2 heures 30 dans cette position va être un calvaire, mais ce n'est que le début... 5 minutes après le départ, on se fait arrêter par les flics qui font descendre les personnes en trop dans le bus car il était bondé. Le chauffeur discute avec les flics qui à mon avis veulent lui coller une amende, puis passe un coup de fil. Notre chauffeur passe ensuite le portable aux flics qui nous laisseront repartir sans problème. Nous reprenons la route mais après une heure et demie, nous entendons de sale bruit avec la boîte de vitesse : impossible de passer la seconde.

Le chauffeur tente plusieurs fois, puis ensuite un passage de 1ère en 3ème qui va faire caler le bus et nous faire écraser sur le siège de devant. En désespoir de cause, après plusieurs kilomètres en première, nous nous arrêtons au bord de la route. Tous les mécanos en herbe du bus descendent et chacun y va de son conseil, de son diagnostic. Le chauffeur passe un coup de fil, fait quelques bricoles et ça repart! En voiture, Simone! Les routes sont dans un état de merde, en fait, ca fait comme des toutes petites vagues sur la route, et ca massacre les genoux contre le siège de devant, et impossible de dormir, ça bouge trop. Finalement, le périple ou plutôt l'enfer touche à sa fin. Nous laissons Natasha rentrer de son côté et prenons un bus pour retourner à l'appart. Nous avions acheté des crêpes congelés mardi dernier et de la pastèque, ca nous fera le repas. Nous retournons tranquillement dans notre chambre préparer les prochains jours pendant que les irlandaises débarquent dans l'appartement. Elles se préparent à manger puis une vient toquer à notre porte. Elles arrivent pas a ouvrir une bouteille de vin. Je les aide puis elles nous proposent de la partager avec elles. J'accepte l'invit'. Elles parlent vite, très vite même, j'essaie de suivre au mieux et leur demande de parler un chouilla plus lentement. Elles savent qu'elles parvent vite et reprennent ensemble : "Belfast, super fast!". Mais elles vont essayer de faire un effort. La première bouteille de vin s'avère pas terrible, elles en ouvrent une deuxième qui s'avère meilleure. On discute de nos voyages respectifs puis racontent leur mésaventure du mardi soir quand elles sont arrivées super tard. Elles avaient pris un bus qui faisait Brasov (Roumanie) à Chisinau mais il a cartonné si bien qu'elles sont arrivés très tard. De là, elles ont pris un taxi qui les a amené ici mais qui en a profité pour les arnaquer sur le prix. On finit ensuite par le cognac de Tiraspol, leur destination de la journée. Elles n'ont eu le droit qu'à un passage de deux heures en Transnistrie. L'alcool et la fatigue aidant, nous allons nous coucher.