Chepel ou le modèle communiste

Comme il n'est que 16h00, nous décidons de nous rendre dans le quartier de Chepel au sud de Budapest. Je ne sais plus où j'ai entendu parler de cet endroit, qui en fait est resté tel qu'il a été construit dans le plus pur modèle communiste, à savoir d'un côté des résidences pour les ouvriers et de l'autre, toutes les usines d'industrie lourde. Pour y aller, un coup de HEV (le RER de Budapest), et après une demi-heure, nous y voilà, loin des touristes. Nous faisons un petit tour à pied parmi les résidences ouvrières, c'est assez marquant, toutes ces petits immeubles de trois étages avec chacun un nom de bloc. Quelques voitures en bas des immeubles, mais c'est tout. C'est là que vit le peuple, celui qui a le plus souffert durant ces années de communisqme et qui maintenant se prend le capitalisme en pleine gueule... dur dur, pour ces gens. Ca fait quand même quelque chose. Pour avoir un meilleur aperçu, nous nous posons dans un bus qui parcourt le quartier, mais finalement, ce ne sont que résidences sur résidences, pas de traces d'usines, dommage. Fred s'endort dans le bus, je le réveille lorsque nous sommes de retour à la station de HEV. Là, nous prenons la route vers le centre ville, quand d'un coup Fred se lève, et dit regarde les cheminées là bas! Nous descendons de la rame et marchons en direction des cheminées. Nous arrivons sur un gros mur d'enceinte avec un portail au milieu où passe des ouvriers qui rentrent du boulot. La route est défoncée, nous décidons de passer le portail voir ce qu'il y a plus loin. Est-ce interdit ou pas, aucune idée, les gens nous regardent bizarrement aller à contre-sens. Puis, nous nous retrouvons dans un endroit avec une ambiance particulière voire étrange : le soleil qui tombe, une route défoncée, des batiments vieux dont quelques uns abandonnés et des bruits sourds de fonderie résonent à coté de nous... nous déambulons dans une rue, prenons quelques photos de cet endroit dérangeant, puis la curiosité nous pousse à nous enfoncer dans cette zone, en pensant que forcément, nous retomberons sur nos pas à un moment. Au bout de quelques temps de marche, nous ne savons plus que faire... continuer à marcher dasnce sens ou rebrousser chemin? Cela fait un bout de temps que nous ne croisons plus personne. Cette satanée rue doit bien mener quelquepart, nous avançons. Bientot, la nuit tombe, nous voyons des oiseaux morts par terre, nous marchons entre des entrepots à l'abandon... ambiance de film glauque, sensation étrange... puis, nous arrivons au bord du Danube et auprès de barbelés et d'une raffinerie. Nous décidons de faire demi-tour. Après quelques temps de marche, nous croisons une voiture qui s'arrête un peu avant nous, deux hommes en descendent et portent un homme à l'intérieur d'un batiment. Le film devient vraiment mauvais là quand même, nous continuons à avancer comme si de rien n'était... Nous sortons de cette zone et rentrons vers notre appart', nous avons eu notre quota d'émotion! Pour manger, nous allons au premier resto que nous voulions faire hier soir et nous y mangeons super bien. Le serveur parle un bon français, c'est marrant. Après ce repas, nous nous promenons dans les rues touristiques Raday et Vacy, puis Andrassy et finissons par rentrer nous coucher vers minuit.

"Le voyage pour moi, ce n'est pas arriver, c'est partir. C'est l'imprévu de la prochaine escale, c'est le désir jamais comblé de connaître sans cesse autre chose, c'est demain, éternellement demain." (Roland Dorgelès)