Comme l'Ukraine n'avait pas pû se faire l'année d'avant, on remet l'organisation de ce voyage pour cette année! Fred est bien sûr de la partie, qui d'autre me suivrait dans ces contrées qui peuvent sembler barbares à certains ? Bonne nouvelle, Lonely Planet a sorti un guide en français sur l'Ukraine, ca fera un excellent support pour préparer le voyage et se débrouiller sur place!
Budapest toujours et encore!
Lundi 28 août. C'est le jour J, le réveil sonne, il est 5h20. Argh, ca sera toujours aussi dur pour moi de se lever si tôt. J'ai passé la nuit chez Fred, vu qu'on doit prendre le train de Lyon pour Genève à 7h12. Les sacs étant prêts de la veille, il nous suffit de les endosser après le petit déj' et d'aller prendre le bus qui nous mène à la gare de la Part-Dieu. Fred ayant eu une merde quelques mois auparavant avec le train de Genève avait fini par louper son avion, nous espérons que cela ne nous arrivera pas. Arrivés à l'heure prévu à Genève, nous changeons de train pour celui qui nous amène à l'aéroport. Et de là, nous prenons le vol Easyjet pour Budapest qui sera juste une étape avant de rejoindre l'Ukraine. Arrivés à Budapest en début d'après-midi, on se sent comme chez nous (Fred y était quelques mois avant et ça fait la 3ème fois qu'on y est) et nous filons vers notre quartier général habituel, l'auberge de jeunesse Yellow Submarine pour y réserver une nuit et déposer nos sacs. Nous voilà libres de nos mouvements, nous pouvons aborder les choses sérieuses, trouver un train qui part pour l'Ukraine, donc direction la gare. Bon, on se rend compte/rappelle qu'il faut les passeports pour acheter les billets de train, alors, on fait un petit saut à l'auberge pour les récupérer. On achète nos billets pour Csop qui se trouve en Ukraine à la frontière. En recevant nos billets, on s'aperçoit qu'elle nous a filé un aller/retour et tentons de lui dire qu'on ne veut que l'aller et là, elle nous répond que c'est le même prix donc que ca sert à rien de changer! Bon, ca sent la caissière qui veut pas se faire chier à faire un échange, nous repartons quand même avec nos billets AR avec l'intention de tenter notre chance dans une autre gare.

On verra ça plus tard, on va aller se détendre dans l'eau, et ca sera les bains turcs Rudas qu'on n'avait pas pû faire il y a 2 ans car ils étaient en rénovation. J'espérai une expérience différente par rapport aux bains trucs que j'avais fait et bien, oui, l'ambiance était plus saine. En arrivant, on nous file un petit pagne qui couvre vraiment le minimum (un carré de 20x20 avec une ficelle pour l'attacher autour du corps) mais c'était plutôt sympa, avec plein de bassins de différentes températures. Après une bonne heure de détente, nous profitons d'une petite balade dans Budapest et nous arrêtons dans une autre gare pour récupérer le retour et là, l'hôtesse nous dit que le retour est gratuit! Bon, ben, c'est bizarre mais ça doit être vraiment ça! Le soir, on va se manger un bout dans un petit resto qui fait de la super bonne cuisine hongroise, le Szven Jupat. Sur le chemin du retour, on s'arrête faire quelques photos de nuit de la ville. Le lendemain matin, rebelote, on se lève encore très tôt (5h45). Tout le monde dort paisiblement dans l'auberge, nous laissons comme convenu les clés sous notre oreiller et quittons les lieux pour aller à la gare où nous achèterons quelques trucs pour notre petit dej' et pour le trajet. Finalement, dans le train que nous prenons, seul le premier wagon va jusqu'en Ukraine. Les wagons qui nous suivent seront enlevés au fur et à mesure de notre trajet jusqu'à la dernière gare hongroise. L'attente fut assez longue puis les douaniers hongrois montent dans l'unique wagon qui constitue le train et contrôlent les passeports avant de redescendre. Rien à signaler pour nous.
Chop, passage à la douane

Puis finalement le train repart pour l'Ukraine. Il faut que je vous décrive un peu le tableau là. Le ciel est d'un gris très sombre qui tourne sur le noir, il arrête pas de pleuvoir. Le train roule très lentement car les rails sont pourris, ca secoue le wagon. Dehors, nous traversons un terrain marécageux avec des miradors à l'abandon et le plus souvent vide disséminés un peu partout. Des barbelés rouillés sont dressés. Avec Fred, on se regarde se demandant où on allait. Après un quart d'heure qui a duré une éternité, le train arrive en gare, nous voici à Csop (Chop / Чоп). Des douaniers armés font signe à tout le monde de descendre et de se diriger vers un hall. Une fois dedans, les douaniers verrouillent la porte avec un vieux cadenas, nous voila enfermés. La seule sortie possible est maintenant le fond de ce hall immense et vide où se trouve deux petites guérites. Les gens font la queue et attendent leur tour. Certaines personnes remplissent un papier appelé Deklaratia, et on se demande si on doit le remplir aussi ou pas vu que le via a été supprimé pour les européens. Dans le doute, nous le remplissons tant bien que mal. Le lieu de résidence en Ukraine est demandé, je choisis un hôtel au pif dans le guide. Tout le monde est passé, il ne reste plus que nous deux. Je m'engage et donne mon passeport. Le douanier, portant un uniforme typiquement russe, est un peu surélevé par rapport à moi, et une lampe est pointée sur moi. Je dois dire que j'en mène pas large. Il consulte mon passeport, le scrute dans tous les sens, me pose quelques questions comme le but de ma visite, puis tamponne mon passeport avant de me le rendre. Un peu plus loin, a lieu la fouille des sacs. Ils (oui, ils étaient 3 pour la fouille) me posent quelques questions que je capte pas, et voyant mon air ébêté me font signe de passer. Me voila officiellement en territoire Ukrainien!
Premiers pas en Ukraine

On se retrouve avec Fred dans le hall de la gare qui est immense et vide à part quelques seaux par terre pour récupérer la flotte qui tombe du toit percé. Nous sommes assaillis par plein de personnes qui font du change, qui proposent un taxi et surtout des mamies qui sont prêtes à racheter notre billet retour! Alors, je ne sais pas si il y a un accord ou quoi, mais c'est bizarre qu'on nous donne un billet retour quand on achète un billet et que de l'autre côté de la frontière les gens se battent pour le racheter! On fait un petit tour du coin sous la pluie et nous retirons de l'argent à un distributeur pour acheter un billet de train pour Lviv (Львів). Le train ne part pas tout de suite, ça nous laisse un peu de temps pour trouver à manger. Pas de resto à l'horizon, il pleut toujours, nous nous rabattons sous une tente épicerie qui vend un peu de tout. Nous prenons quelques paquets de gâteau et de l'eau. On retourne s'abriter dans la gare en attendant le train puis vient l'heure et nous découvrons les trains ukrainiens. Ils sont beaucoup plus larges et grands que les européens. Il y a un préposé à chaque wagon qui accueille, contrôle les billets et fait le service durant le voyage. L'intérieur des trains est très cossu avec de gros tapis épais et chaque fenêtre à de lourds rideaux carmins. Dans le compartiment, on se retrouve avec un gars sympa avec qui on communique en anglais, allemand, avec les mains.Durant le voyage, une nana nous rejoint dans le compartiment puis partage quelques bonbons. En fait, c'est une coutume de partager ce qu'on mange avec les gens de son compartiment. Nous arrivons vers 21h30 à Lviv, il fait déjà nuit. Bon, c'est franchement une mauvaise idée de débarquer de nuit dans une ville qu'on ne connait pas. Les envions de la gare n'étant pas très rassurants, nous prenons un tram pour gagner le centre ville et trouver un hôtel. Par contre, dur dur de savoir à quel arrêt descendre. La contrôleuse ne comprend pas où on veut aller même en lui montrant sur la carte. Tant pis, j'essaie de repérer avec la carte les endroits où l'on passe et on descend à un endroit que je crois reconnaître. Finalement, on est tombé pas trop loin de l'hôtel et en marchant 1/4 heure, nous y arrivons. L'hôtel George est typiquement russe, de très hauts plafonds, des gros tapis partout, par contre, une fois passé la porte de notre chambre, ca fait moins classe d'un coup. C'est une petite chambre avec 2 lits et un lavabo, mais ca ira très bien. Nous déposons nos affaires et allons faire un petit tour dans le coin pour trouver à manger. En tram, nous étions passés devant un McDo, mais impossible de le retrouver, alors nous nous rabatons sur le seul bouiboui ouvert et nous achetons 2 trucs que nous pensions salés alors qu'au final c'était deux desserts. Et là dessus, nous allons nous coucher pour nous requinquer après cette journée chargée.
A la découverte de Lviv

La matinée commence, après une bonne nuit de sommeil, par un petit déjeuner au top! Voici sa composition: jambon, fromage, un oeuf mayo avec des oignons, une crêpe avec de la crème fraîche, et un café ou thé pour faire passer le tout. Un petit tour vite fait dans la salle de bains très spartiate, nous partons à la découverte de la ville. Le temps est plutôt moyen mais heureusement, il ne pleut pas. Lviv (Львів) est en plein reconstruction ou plutôt en pleine destruction pour le moment devrais-je dire, mais bon, ca n'empêche pas d'apprécier la beauté des églises et tout particulièrement leurs intérieurs. Tout le centre est piétonnier mais une fois un peu à l'écart, nous voilà confrontés au comportement routier des Ukrainiens, c'est vraiment chaud de traverser la route, il vaut mieux courir car les voitures arrivent vite et les conducteurs sont pas motivés à s'arrêter pour un piéton. Puis, nous décidons de monter aux ruines d'un château qui domine la ville. C'est un lieu qui semble assez connu et pourtant aucune indication ou panneau pour y aller. En se guidant avec la carte, on quitte le centre ville à pied en traversant des rues complètement défoncées et désertes. On se demande vraiment où on va puis, on arrive enfin à un chemin (toujours aucune indication) qui monte sur la colline à travers une forêt pour finalement déboucher en haut! On a pas croisé grand monde. De là haut, nous avons une vue sur la ville, mais c'est gâché par le vent, le froid et le ciel menaçant. Fred, ayant repéré une voie ferrée de la haut, nous essayons de descendre dans sa direction pour faire quelques photos, mais cela se révélera plutôt hasardeux et l'endroit où nous croisons la voie ferrée n'est pas propice aux photos, tant pis, ca sera pour plus tard. La faim venant, nous cherchons un endroit où manger mais dans ce coin paumé, nous ne trouvons absolument aucun restaurant ni magasin. Par chance, un peu plus loin, à un carrefour, nous voyons une mémé assise tenant devant elle une petite boite en ferraille. Nous lui achetons un beignet chacun sans trop savoir ce qu'il y a dedans, mais je dirai que ca ressemble à du poisson mais c'est franchement pas terrible. Enfin bon, ca permettra toujours de tenir jusqu'à ce soir!

Puis nous prenons le tram en direction de la gare pour tacher de récupérer des infos pour le prochain trajet. Truc plutôt marrant, lorsque le tram passe devant une église, la majeure partie des gens font un signe de croix, à noter qu'ils le font aussi quand ils sont à pied bien sûr. Une fois arrivés à la gare, dur dur de trouver les informations vu que personne ne nous comprend et bien sûr, nous non plus comprenons rien. Bon, on verra demain, et en rentrant tranquillement à pied vers le centre ville, nous tombons sur un grand marché. C'est le moment de découvrir un lieu important de la vie de tous les jours. Et là, c'est un peu la stupeur, après avoir passé les petites cahutes qui vendent des bonbons, des gâteaux ou même du sucre au poids, nous arrivons sur les stands où ils vendent des poulets ouverts ou de la viande posés directement sur des planches toutes la journée à l'air! Je peux vous dire que ca pue atrocement! Même tarif pour le poisson! Dans le même registre, des mamies vendent le lait résultant de la traite du matin de leur vache dans une bouteille ouverte ou bien des oeufs. Même les oeufs cassés sont vendus (mais moins cher!). Enfin bon, tout le monde vend un peu de tout ce qu'il réussit à produire. Après, cette découverte, on imagine comment et dans quelles conditions ont été faits les beignets qu'on a mangé ce midi. Enfin, rien de grave, au pire, ca se finira avec une bonne chi*sse. Puis nous quittons le marché et rentrons à l'hôtel se reposer un peu. Le guide touristique recommande d'aller faire une messe du soir dans l'église de la Transfiguration, et effectivement, l'ambiance est mystique mais assez dérangeante. Là dessus, nous filons au restaurant Europa et nous sommes seuls dans la salle car les restaurants sont assez chers et les Ukrainiens y vont généralement très peu ou pour fêter quelque chose. On commence par un bortch puis je prends du boeuf aux abricots avec des champignons et Fred un poulet aux pommes, le tout avec une bière (~ 100 hryvnia pour le repas). C'était vraiment super bon! Après un petit tour rapide dans la ville qui est plutôt déserte, nous retournons à l'hôtel. Après une longue nuit de sommeil, un nouveau petit déj copieux nous attends: du fromage et du lard en entrée, ensuite une saucisse avec du chou, et enfin un yaourt puis du café. Oui, oui, c'est bien le petit dej' et ca passe très bien! Alors aujourd'hui, on doit visiter un cimetière qui vaut le détour mais aussi prévoir notre trajet vers la prochaine étape Kamenetz-Podolsky (Камянець-Подільский) ce qui est loin d'être facile car il n'y a pas de train direct de Lviv d'après ce qu'on a compris hier soir. On tente de monter dans le tram qui est sacrément bondé. J'arrive à monter tant bien que mal avec mes 2 sacs et Fred reste sur le quai. Ca pousse dans tous les sens, ca s'engueule. Une mamie assise sur un siège me voyant me fait signe de lui filer mon sac qu'elle prend sur ses genoux, et une autre me fait signe de placer mon gros sac sous son siège. Au final, mes bagages sont éparpillés un peu partout mais j'arrive sans encombre à la gare et je récupère finalement mes affaires. J'attends le tram suivant et Fred me rejoint en ayant voyager dans les mêmes circonstances que moi.

De la difficulté pour se comprendre

A la gare, c'est un peu le merdier, vu qu'en fait en Ukraine, les gens ne respectent pas les files d'attente, te passent devant même quand tu es au guichet. Au début, ca surprend, on est en train d'essayer d'indiquer où on veut aller, et pam, quelqu'un arrive au guichet et demande un renseignement, et ça défile comme ca. En fait, faut se faire respecter de manière aimable mais ferme sinon tu n'auras jamais ce que tu veux. Alors, donc, on tache de faire comprendre qu'on veut aller à Kamenetz-Podolsky (Камянець-Подільский) dans la soirée en montrant la ville sur bouquin. Pam, 2 minutes après on se retrouve avec les billets dans les mains, la classe! En fait, le train part dans 1 heure et demie, ca sabre bien le programme de la journée d'un coup. Et en y regardant de plus près, ça ne nous mène que jusqu'à la correspondance: Khmelnytskiy (Хмельницкий). En fait, je pense qu'on ne peut pas acheter de billets avec correspondance, faut y aller étape par étape. Une heure et demie, ca nous laisse tout juste le temps de foncer au marché acheter un gros sac de bonbons (pour qu'on aie un tuc à partager dans le train nous aussi) et en revenant, on s'arrête sur le parking de la gare, y'a une tente qui vend un truc qui à l'air de se manger. Ca s'avère être de la pate qu'elle fait frire dans une huile assez douteuse qui a du voir passer des milliers de galettes. On se retrouve donc chacun avec notre machin frit entouré dans un sopalin et on se magne à monter dans le train car il va partir. Cette fois-ci, on a pris la plus basse classe pour voyager, ca change! Les compartiments sont tous ouverts, mais on retrouve le système de couchettes. Beaucoup de gens traverse le couloir, une personne passe proposant des revues (pour se faire de la tune). En face de nous se trouve un jeune, on ouvre notre paquet de bonbons et on lui en propose. Il est tout content et nous remercie après s'être servi. On essaie de discuter un peu. Je tente d'aborder sur le foot, vu qu'il porte une veste siglée avec la coupe du monde 2006 (Allemagne). Il connait Lyon de réputation et le Dynamo de Kiev est dans le même groupe . Il a eu quelques cours d'anglais, mais la conversation n'est pas évidente à tenir. Un peu plus tard, il s'absente et revient avec une bière, et on découvre qu'un décapsuleur est inclue dans la tableatte des trains! Et vla que le gars nous propose de partager sa bière, ce que j'accepte volontiers, bien cool! Puis le train arrive à destination, nous descendons du train en fin d'après midi. Nous achetons le billet de train pour gagner notre véritable destination... le train part à 4h45 du mat'! Ouch! Heureusement, leur système de chambres d'hôtel dans les gares est bien pratique pour ça! La chambre est d'ailleurs très correcte, propre et calme. Une fois les sacs posés, nous décidons de faire un tour en ville et c'est la déception, y'a vraiment rien à part un petit supermarché. C'est toujours intéressant a "visiter" pour voir ce qui se vend et acheter plein de conneries pour les voyages. On se retrouve donc à la caisse avec notre panier rempli de barres céréales, bonbons et boissons. Et les sacs plastiques qu'on nous file est un de marque Hugo Boss, et d'un coup je comprends mieux pourquoi tout le monde se trimbale avec un sac Hugo Boss (tout le monde a ça en Ukraine!). Au retour, nous décidons de manger dans une pizzeria (Celentano) située à coté de la gare. Petit hic, faut se faire soit même sa pizza, ingrédient par ingrédient. Je dois dire que ca a été plutot comique. Heureusement, avec l'aide de la serveuse, on se retrouve avec une pizza jambon-fromage (notre commande initiale correspondait juste à de la pate a pizza avec du jambon posé dessus).
Une fois les pizzas avalées (elles étaient très bonnes), nous rentrons dans notre chambre, car la nuit va être très courte!

Kamenetz-Podolsky, petite ville d'Ukraine

Dur, dur, le réveil à 4h30. On a 20 minutes avant le départ du train, juste le temps de passer aux toilettes. Les sacs étant prêts, nous descendons sur le quai avant de se hisser dans le train (c'est vraiment le terme quand on voit la hauteur des marches pour accéder au wagon). Nickel, on est seuls dans le compartiment. Le train repart, le temps de se glisser dans nos sacs à viande et nous nous rendormons pour se réveiller un peu avant d'arriver à notre étape Kamenetz-Podolsky (Камянець-Подільский). Le programme de la journée est la visite de la ville puis de reprendre le train pour Kiev (Київ) en fin d'après midi. Le plus simple est de poser les sacs à la consigne pour la journée, mais celle-ci est fermée et surtout pas prête de rouvrir, va falloir se trimbaler les sacs... On fait le tour de la gare pour trouver un distributeur, et finalement on en trouve un, un peu plus loin. Voila une bonne chose de faite, il faudrait maintenant gagner le centre-ville et surtout le vieux quartier qui est la seule partie intéressante en fait. En revenant vers la gare, un mec (qui est un chauffeur de marchroutka) nous aborde. Ah oui, alors les marchroutki, ce sont des minibus qui sillonnent la ville, c'est un moyen de transport très utilisé, car il y en a souvent, ca amène partout et c'est pas cher (le tarif est généralement fixe, genre 1 hryvnia).

On tache de lui expliquer où on veut aller et nous fait signe de monter dans la marchroutka d'un de ses collègues. Le bus part, prend d'autres personnes, et 5 minutes plus tard, le chauffeur tache de nous fait signe de descendre et tache de nous expliquer (avec les mains) qu'il faut prendre une autre marchroutka pour aller au château. En fait, avant d'aller prendre l'autre marchroutka, on décide de visiter le coin car on est en plein centre ville. On fait le tour du marché et on tombe sur la gare routière. Histoire de se débarrasser des sacs, ça vaut le coup de tenter notre chance à la consigne. On pousse la petite porte de la consigne quand on se fait assaillir par la petite vieille qui monte la garde! Une seule personne dans la consigne, et faut pas déroger à la règle sous peine de se faire mordre! On attend que la personne qui est dedans sorte et on lui fait comprendre qu'on est ensemble et qu'on veut poser nos sacs, elle se calme et nous indique où poser les sacs, et lui réglons par avance la journée. Elle nous explique qu'a 17h30, elle ferme et qu'il faut prendre les sacs avant. Nous voilà d'un seul coup bien plus léger, on fonce prendre la marchroutka qui doit nous amener dans la partie intéressante de la ville. Le problème des marchroutki, c'est qu'elles s'arrêtent partout car il suffit de faire signe et qu'elles sont très souvent bondées alors pour savoir son arrêt, c'est franchement difficile surtout quand en plus, tu fais l'équilibriste en étant debout à moitié courbé à essayer de repérer où on passe sur la carte. Heureusement, il y avait un bon repère, un grand pont qu'on devait traverser. Et là, où tu te sens un peu con, c'est pour lui dire de s'arrêter parce qu'on veut descendre. Par chance, un groupe de vieilles dames veulent descendre, nous en profitons pour les suivre. Nous voilà donc au début de la vieille ville. On visite la cathédrale Saints-Pierre-et-Paul qui a la particularité d'avoir un minaret turc. En effet, cette cathédrale a été bâtie par les Polonais (donc catholiques) en 1580. Puis les turcs envahissent le pays au XVIIe siècle qui y mettent un minaret de 42m pour en faire une mosquée. Suite à un accord, les turcs rendent la ville aux Polonais en 1699 mais dans le traité est stipulé que le minaret ne doit pas être démantelé. Qu'à cela ne tienne, les polonais y ont rajoutés une grande Vierge de 3,50m tout en haut. L'histoire laisse des traces assez marrantes quand même!
Au chateau, ouvre les yeux et fais gaffe à ta tête!

Puis, nous descendons vers le château après avoir traversé la vieille ville qui est complètement déserte. Pour cela, il faut descendre une rue en pavé assez pourrie et nous débouchons sur le pont qui mène au rocher (kamen en ukrainien, d'où le nom du bled). La vue montre vraiment que le chateau est posé sur son caillou. Pour visiter la forteresse, il faut payer 4 hryvnias par personne (je suis pas sûr d'avoir déjà donné la conversion mais 1 hryvnia correspond à 1 franc français à peu près). La caisse est tenue une par une vieille dame qui se trouve dans une petite cabane en bois à l'entrée. On y voit même pas sa tête au fond mais elle doit bien se faire chier toute l'année vu qu'il n'y a vraiment personne. Une fois passés les portes en bois branlantes, la visite est complètement libre, pas de parcours, rien, chacun va ou il veut. On commence la visite en passant quelques portes et on se retrouve dans les coursives toutes sombres à aller d'une tour a une autre, en s'imaginant la vision des soldats et les scènes de combats. On continue en grimpant sur des échelles en bois bien raides et on se retrouve en haut des tours. Franchement, c'est bien sympa, même si c'est plutôt dangereux comme l'atteste quelques panneaux "life danger" car, y'a très peu de protections autour des trous, les planches craquent et se plie. Y'a des endroits où faut se contorsionner pour passer tellement c'est étroit. D'ailleurs, Fred en sortant d'un de ces endroits s'est scalpé la tête sur une pierre qui dépassait un peu au dessus, rien de grave même si ça fait mal (enfin, moi, j'ai rien senti mais ca avait l'air) sur le coup! Un jour, ça deviendra sûrement plus touristique ou bien y'aura un accident, genre un gamin qui tombe dans les oubliettes et ca devra se plier aux normes de sécurité, mais à mon avis ça perdra tout son intérêt, car ce côté brut qui permet de se rendre compte des conditions de vie dans le château est vraiment le côté charmant de cette visite. Après ce petit tour, nous retournons tranquillement à pied vers la ville.

Une après-midi à Kamenetz

Le temps est vraiment pas trop mal par rapport à ce qu'on a eu jusqu'à maintenant. Il y a même un peu de soleil. Par contre, impossible de trouver un resto, on se rabat dans une pizzeria Celentano où on va faire la queue pendant une heure. Il y a plein de jeunes, c'est plutôt sympa. C'est le même système que la pizza qu'hier, on sait maintenant comment ça marche et je réussis à commander ma pizza complète avec une bière sans utiliser d'anglais! Je suis assez fier de moi (oui, oui, faut le dire), Fred lui s'est débrouillé en anglais. On s'assoit à côté d'une dame qui mange avec son fils et dévorons notre pizza. Comme il nous reste encore du temps avant le départ du train, on repasse un peu de temps au marché. Fred ayant repéré un passage à niveau, nous y attendons qu'un train passe mais en vain. Puis nous allons chercher nos sacs à la consigne et rentrons tranquillement à pied direction la gare en suivant les voies. Sur le chemin du retour, une automobiliste nous demande (sûrement) une adresse, et on s'essaie au russe: Ia ne ponimaïu (je ne comprends pas). Elle a l'air de comprendre ou alors elle a peut être rien compris du tout et s'en va. Nous sommes en avance à gare pour prendre le train, nous attendrons sur le quai au soleil sur un banc où je ferai une petite sieste. Puis nous montons dans le train pour Kiev (Київ), nous installons à nos places. Dans le compartiment, il y a un mec avec nous qui fait la gueule sûrement parce qu'on cause pas ukrainien ou russe. On s'endormira assez tôt après avoir bouffé quelques conneries. Une nana nous rejoindra dans le compartiment dans la nuit.
Kiev sous la pluie...

Samedi 2 septembre, 7h15. La nuit fût plutôt bonne, nous nous réveillons peu de temps avant d'arriver en gare de Kiev (Київ) ce qui nous laisse juste le temps de ranger nos affaires et de se changer. La première étape consiste à trouver la consigne pour y déposer notre sac pour évoluer plus librement. On la trouve assez rapidement, le système de fermeture des casiers est un peu bizarre, d'ailleurs je m'en rappelle plus trop. La caissière file 2 jetons, faut en mettre 1 (ou pt être les deux) dans le casier, mais si tu te trompes, t'as une sonnerie qui résonne et la caissière qui rapplique en moins de deux! Enfin bon, on s'en est sorti sans faire sonner le bigntz et on rejoint la station de métro. C'est un peu la cohue, mais on finit par avoir des jetons. Oui, oui, comme les autos tamponneuses, des petits jetons en plastique qu'il faut insérer dans une boite pour ouvrir le portillon. Basé sur le modèle soviétique, de grands et longs escalators descendent dans les entrailles de la terre où se trouvent les quais du métro. Chose surprenante, en bas de chaque escalator se trouve une guérite avec une personne dedans qui contrôle que tout se passe bien. Même chose, au milieu des longs couloirs, une personne est là en permanence pour surveiller. Ah, ces vestiges de l'époque communiste où tout le monde avait un boulot... Une fois, arrivé en centre-ville, nous préférons nous occuper de réserver l'hôtel, histoire de régler ça de suite et être tranquille. Mais manque de bol, impossible de trouver l'hôtel, le bâtiment est tout en rénovation et donc fermé. Juste à côté de la, se trouve une cafétéria ouverte qui sert des petits dejs, on décide de se poser là histoire de se requinquer et préparer la journée. On a vraiment bien fait, ce fût royal : oeufs, lardons, café et jus d'orange frais. Par contre, le prix aussi a été de niveau royal, environ 90 hrivnia pour les 2 petits déjeuners. Le ventre plein, on décide de suivre une petite balade à pied indiquée par le guide Lonely qui permet d'avoir une vue générale de la ville et des monuments. Le temps est très moyen, mais c'est déjà ça, il ne pleut pas. Cet aperçu de la ville nous révèle l'absolue splendeur de la cathédrale Sainte Sophie et le monastère Saint Michel puis nous passons à côté de l'opéra avant de redescendre sur la grande avenue Andreizsky. Le midi, nous nous arrêtons manger dans une petite chaîne de cafeteria
PuzataKhata (Пузата Хата) qui proposent des stands avec plein de spécialités ukrainiennes à très bas prix, dans un décor campagnard ancien. C'est franchement une bonne adresse, très sympa, y'a de tout, c'est très bon et pas cher! Par contre, y'a toujours pas mal de monde, mais finalement il ne faut pas attendre longtemps.
Han, que c'est bon!

Une fois le ventre plein, on va pouvoir s'attaquer a l'hôtel. Mais avant tout, on passe récupérer les sacs à la consigne de la gare. Après une rapide consultation de la liste des hôtels dans le Lonely, le choix est plutôt restreint car les prix sont plutôt chers. On jette notre dévolu sur une sorte de grand complexe un peu excentré qui s'appelle le Tourist Hotel. Ca n'a rien de très sexy, c'est un grand bloc vieillot et gris situé dans un quartier populaire. Cependant, l'hôtel a un certain standing et est très propre et offre pas mal de commodités tel qu'un guichet pour les billets de train, une salle pour faire de l'internet. Une fois arrivé à l'étage, la préposée nous donne notre clé. Ouai, généralement, y'a une personne par étage qui s'occupe de gérer les clés, etc. La chambre est vraiment impeccable avec salle de bain et chiottes. Ca fait 2 jours, depuis qu'on a quitté Lviv, qu'on a pas pris de douche et qu'on s'est pas trop changé (juste le minimum, slips, chaussettes), ca commençait à devenir dur (surtout quand tu te rends compte que tu commences à sentir fort). C'est dans ces moments là qu'on apprécie vraiment d'enlever ces vêtements et d'aller se détendre dans un bon bain! Un bonheur simple mais délicieusement merveilleux :) Une fois tout propre, on s'attaque à laver les vêtements et la chambre se transforme rapidement en camp de romano avec du linge étendu dans toute la chambre. On se pose chacun sur son lit appréciant un vrai matelas. Je lis un peu et gribouille quelques notes sur les premiers jours en Ukraine (que je retranscris là, maitenant!) et puis finalement, je ferme les yeux et me repose aussi. Fred a repéré une ligne de chemin de fer pas très loin de l'hôtel sur une carte et nous décidons d'aller y jeter un oeil et à l'occasion, faire des photos et/ou vidéos de trains. Il s'agit principalement de marchandises, et Fred est content de pouvoir filmer ses monstres d'acier, c'est d'autant plus vrai que les trains sont bien plus gros que chez nous!
La fureur du samedi soir

Nous retournons au centre ville pour manger le soir au Puzata Khata (Пузата Хата), y'a tellement de choix, puis nous profitons un peu de la ville. En fait, les soirs de weekends, l'artère principale est fermée aux voitures, c'est super sympa et agréable, y'a plein de monde. Certains se promènent tranquillement, d'autres s'assoient au milieu de la route et jouent. Des stands vendant des boissons se montent un peu partout. Généralement, les gens se baladent avec une bière à la main mais tout ça dans une très bonne ambiance. Puis à 21h00, des sirènes de police résonnent, puis 2 voitures se fraient le chemin. Les gens commencent à libérer la voie et se mettent sur les trottoirs. Et nous comprenons vite fait pourquoi! Derrière les 2 voitures se trouve deux camions équipés de 2 grosses lances sous pression qui arrosent la route pour nettoyer toutes les bouteilles et merdes sur la chaussée. Et vue la puissance des jets, y'a intérêt à évacuer vite fait sous peine de se faire mouiller et de recevoir toutes les merdes dans les jambes. Je ne résiste pas au plaisir de vous montrer cette vidéo que Fred a tournée le lendemain. Après ça, nous reprenons le métro direction l'hôtel. Pendant que Fred descend dans la salle internet, je prépare les prochaines journées et continue à retranscrire sur mon calepin les derniers évènements et puis, là dessus un gros dodo bien mérité dans un vrai lit!
Sainte Sophie, priez pour nous

Ah, une petite grasse mat' depuis le temps qu'on en avait pas fait! ça fait du bien! Donc on se lève vers 10h00, l'heure limite pour pouvoir encore profiter du petit dej' qui était plutôt pas mal! Le temps est toujours pas terrible, terrible, mais il ne pleut pas. On va donc consacrer la matinée à la visite de l'eglise Sainte Sophie. Il faut avouer qu'elle a vraiment de la gueule cette église aussi bien extérieurement intérieurement. Bien que très touristique, ca reste un bâtiment incontournable à voir à Kiev. Après cette visite, nous descendons vers l'avenue et finalement, nous nous arrêtons manger dans un McDo. On se met en terrasse malgré le temps incertain, la salle étant pleine. Et d'un coup, la pluie se met à tomber, les parasols jouent finalement le rôle de parapluie tant bien que mal. Puis finalement, ca se calme et nous pouvons nous enfin nous balader dans l'avenue Andrezisky (c'est la rue qui monte?). C'est un peu la rue à touristes, elle monte assez sec et y'a des petits stands de chaque côté où les gens vendent divers objets touristiques ou artistiques. En gros, c'est le coin où aller pour acheter des souvenirs car en dehors de cette rue, ça devient dur à trouver les babioles à ramener à la famille. Enfin bon, y'a quand même pas grand chose de super intéressant, puis nous continuons vers l'église Sainte Sophie et nous redescendons vers la place de l'Indépendance (là où s'étaient rassemblées les gens pour la révolution orange). Etant dimanche, l'avenue est fermée et donc plein de gens marchent, jouent ou sont assis dans l'avenue. Et puis, à un moment, on voit un petit attroupement, et c'est en fait une journaliste qui interviewe quelques personnes en direct pour le journal TV. On reste regarder, c'est plutôt marrant de voir comment c'est géré, même si on ne comprend pas grand chose (enfin même rien du tout). Et puis, ils remballent le matos et s'en vont. Fred, voulant faire une vidéo (c'est celle que j'ai mise dans le chapitre d'avant) du nettoyage bourrin vu qu'hier on avait été surpris et donc il avait pas eu le temps de filmer. On attend donc tranquillement l'heure fatidique avant d'aller manger puis d'un coup, résonnent les sirènes de police de type américain. C'est la même scène qu'hier sauf qu'il n'y a un seul camion avec une lance à eau). Puis le petit spectacle passé, nous allons manger dans notre cantine, le Puzata Kata. Un gars nous entendant causer français nous interpelle, il est français aussi et tourne un documentaire sur l'Ukraine. On discute un peu du temps merdique, de ce qu'il y a faire en Ukraine puis on se quitte. On se balade encore un peu dans les rues puis reprenons le métro pour regagner notre hôtel. Un peu d'internet pour lire et envoyer un mail pour dire que tout va bien et hop, au lit.

On veut du soleil !

Lundi 4 septembre. On profite encore d'une grasse mat', et ouai, les derniers jours ont été éprouvants pour les organismes! Les nuits en train, ça casse bien quand même! Donc, on se lève tranquillement un peu avant 10h00. La décision est prise, on descend au sud en Crimée (Крим) chercher le beau temps car le moral en a vraiment besoin! En allant prendre le petit dej' toujours aussi sympa, on s'arrête à l'accueil les prévenir qu'on s'en va et régler la note. Et si vous vous rappelez bien, l'hôtel a un guichet qui vend des billets de train, et on s'arrête pour réserver les billets. Il n'y a plus de place en seconde classe (Koupe), alors, on se la joue royal avec la première classe. En fait, ça tombe pas trop mal, on voulait quand meme voir une fois ce que ca valait. Le billet se révèle quand même assez cher en soit (700 hryvnia les 2 allers Kiev - Sebastopol). On n'avait pas prévu si haut, si bien qu'on n'avait pas assez de liquide pour régler d'un coup. Heureusement, l'hôtel possède aussi un distributeur (ouai, y'a encore plein d'autres services possibles!), je retire vite fait une belle petite somme pour régler les billets et subvenir aux prochaines dépenses. On passe à la gare y deposer les sacs. Profitant de notre passage à la gare, on dédie la matinée à la prise de photos et de vidéos de train pour que Fred puisse assourvir sa passion ferroviphile. Ca tombe bien, aujourd'hui il fait assez beau. En faisant le tour de la gare, on y découvre pas loin une vieille loco à vapeur exposée, un marché et puis des ateliers et des rails. Vers l'heure du midi, on retourne en ville pour y manger un bout, et on se tente une varenitchna (un restaurant qui ne sert que des raviolis) . L'endroit est plut chouette et sympa. Comme d'hab on choisit au pif, et là, gros manque de bol, on est tombé sur le même type de Vareniki Fred et moi, mais en plus ils sont fourés avec du fromage blanc sucré et des raisins secs, le tout arrosé d'huile. Bon, ce n'était pas mauvais, mais j'aurai vraiment préféré un truc salé. L'après midi, on visite, sous un soleil radieux, le monastere Saint Michel qui se situe juste en face de l'église Sainte Sophie. Vu le temps splendide, j'en profite pour aller (re)faire les photos des autres monuments qu'on avait déjà vu mais sous un temps gris. L'après-midi s'achève et nous retournons à la gare pour prendre le train. Comme toujours, on est accueilli à l'entrée du wagon par un employé qui contrôle les billets de train. Le compartiment contient 2 lits faits et une petite table au milieu avec un plateau sur lequel se trouve a boire et manger, ce qui est plutôt cool. Peu après le départ du train, l'employé nous demande si on veut garder le plateau ou non. Il en va de soit que c'est contre monnaie sonnante et trébuchante, et finalement nous refusons vu qu'on a ce qu'il faut avec nous. On discute un peu, on se restaure et puis on s'endort assez rapidement bercé par le doux et régulier tchak tchak des roues du train sur les rails.

Sébastopol ou la ville interdite

On se réveille tout doucement chatouillés par la chaleur des rayons du soleil! Ah quel plaisir, le wagon est baigné d'une lumière chaleureuse. Il doit être 8h00 du mat', il reste encore quelques heures de voyage. On larve tranquillement dans le lit, on a super bien dormi cette nuit et on a bien fait de prendre cette première classe, on a été peinard, les lits étaient plutôt bons, et il ne faut pas oublier qu'il y a 13 heures de voyage quand même (pour 600 kms environ). En regardant par la fenêtre, ce qui est assez bizarre c'est qu'il y a énormément de miradors ou de guitounes, en fait, à chaque tunnel et pont. A vrai dire, je n'ai aucune idée du pourquoi, mais on se pose quelques questions quand même sur l'endroit où on arrive... Puis bientôt, la mer fait son apparition dans le paysage! On approche! Le temps de ranger nos affaires, préparer nos sacs, et le train s'arrête en garde Sébastopol (Севастополь), le terminus. Comme toujours quand on débarque dans un nouveau coin, il faut se repérer, trouver où prendre les bus pour rejoindre la ville et surtout savoir lequel prendre! Après quelques minutes d'attente à l'arrêt, on prend une marchroutka pour aller en ville. La gare étant proche du port militaire, il faut grimper pas mal pour arriver en ville. Et finalement, toujours grâce à la méthode de repérage sur la carte (je commence à devenir aussi efficace qu'un GPS!), on descend pas loin de l'hotel qui se révèle être un modèle typique de l'ère soviétique. Grand batiment de style, gros tapis et hauts plafonds pour l'intérieur et pour finir une toute petite chambre sans style pour nous :) On s'installe tranquillement et nous decidons de descendre vers la mer et le port pour casser la croute.

Il n'y a pas grand chose finalement et on tente le Potato House, il est pas loin 15h00 et nos estomacs crient famine. On a du mal à comprendre comment ca marche, et une serveuse vient nous voir pour nous expliquer. Mais pas de bol, personne dans le personnel ne parle anglais et nous, on capte rien non plus à leurs explications. Finalement, la serveurse remet la main une vieille carte en anglais, et on finit par commander un truc à manger et à boire. Et encore, on n'a pas tout compris car le plat arrive déja garni (des pommes de terre) puis arrive la garniture qu'on a commandé en plus (un gratin de pomme de terre). Ouch, ca fait beaucoup d'un seul coup même si on avait vraiment faim! On se fait une promenade en bord de mer et on finit par se retrouver au milieu d'une base russe. Bon, faut quand même avouer qu'on avait traversé un endroit ou y'avait un drapeau russe et une cloture tombée. Et donc on se arrive au portail gardé par un soldat et on passe comme si de rien n'était en espérant qu'on ne se fasse pas interpeler. Comme c'était pour sortir du camp, c'est passé sans problème... Tiens, c'est le moment de parler un peu histoire, et d'expliquer le titre. Il faut savoir que Sebastopol a été une ville qui a été longtemps fermé aux civils car c'est la base navale de l'armée russe et de la marine ukrainienne. C'est d'ailleurs encore un sujet de conflit entre les deux pays. Et donc, on peut y voir des sous marins accostés et des militaires russes partout. Au retour de la balade, on s'assoit a un carrefour pour regarder/apprécier le merdier de la circulation ukrainienne. Franchement, ça occupe et c'est plutôt marrant à voir, y'a des voitures dans un peu tout les sens, ça se croise n'importe où, etc. Comme on a mangé tard et plutôt pas mal tout à l'heure, personne n'a faim, on va juste acheter des yaourts et quelques conneries à manger pour le soir puis on se couche la dessus.

La base secrête de Balaklava

Ce matin, on se lève assez tôt (7h00) car la journée s'annonce assez chargée mais plutôt ensoleillée! Après un petit dej' vite avalé, la première étape consiste à rejoindre la gare routière qui est en dehors de la ville. Pour ça, on prend une marchroutka qui est beaucoup plus rapide que le trolley. Arrivé, là bas, c'est un peu la zone, y'a des bus et des marchroutkas partout, y'a un marché, etc. Et bien sûr, aucun plan ni indication sur les bus... Heureusement, grace aux infos du Lonely Planet, on finit par dénicher la marchroutka qui va a Balaklava (Балаклава), et vu l'endroit où fallait la rendre c'était impossible a trouver tellement c'est le bordel! On grimpe dedans, et la voila qui part une fois pleine. Il reste maintenant a determiner quand s'arrêter sauf que là, pas de plan dispo vu qu'on s'éloigne assez de Sébastopol. Et donc la marchroutka roule, parcourt la ville et finit par se vider petit à petit. Dur dur de savoir quand descendre, et on profite de l'arrêt de la dernière personne pour quitter la marchroutka aussi. Finalement, on marchera un peu pour revenir sur nos pas et trouver le port de Balaklava. Y'a une colline avec les ruines d'un fort Genêvois qui surplombe la baie et la ville, ça sera l'occasion de faire une petite rando et d'avoir un beau panorama. Ca commence par des marches puis le chemin s'arrête aux premières ruines mais ne permet pas d'avoir une vue suffisante. Voyant du monde sur les ruines tout en haut, on grimpe à la sauvage dans les herbes pour finalement arriver en haut, et là, superbe vue dégagée sur la mer d'un côté et Balaklava de l'autre, ca valait vraiment le coup! Pause photo et p'tite balade dans les ruines avant de redescendre tranquillement vers le port. Le guide Lonely Planet fait référence à une entrée de base de sous marins nucléaires russes qui servait encore y'a peu de temps, difficile de la trouver en fait à l'oeil mais on pense l'avoir vu! En redescendant sur le port, nous finissons par apercevoir l'entrée de la grotte dans la roche et décidons d'aller la visiter (car c'est possible!). Par contre, faut contourner tout le port et traverser une petite zone industrielle. On arrive à l'entrée, on prend nos 2 billets, et ça tombe bien, il y a un départ de visite bientôt. Je dirai que c'est vraiment fascinant comme lieu surtout si on se laisse porter par l'imagination! Et dire qu'il y a encore 3-4 ans, c'était un haut lieu militaire avec des sous-marins militaires qui étaient a quai, on se prend vite fait pour James Bond dans ces décors! La visite étant en russe, dommage qu'on capte pas grand chose... mais bon, ca n'en reste pas moins génial de voir tout ca! La base contient un abri anti-nucléaire avec des portes énormes, quelques expos, etc.

Rencontres diverses
Cette bonne petite visite nous a amené vers l'heure du repas voire même après vu qu'il est déjà 14h00. Nous repartons vers le port à la recherche d'un resto. On s'assoit a la terrasse d'un, mais le serveur etant tellement peu enclun à nous servir qu'on s'en va. On finit par en trouver un qui a l'air bien. On rentre, et une serveuse nous donne les cartes. On commence a faire notre choix au pif comme très souvent. Mais la serveuse voyant qu'on est pas du coin a réussi à trouver une carte en anglais. Ca permettra de choisir un peu mieux ce qu'on va manger. Seul problème, la carte est en seulement en anglais et la serveuse comprend pas l'anglais et nous pas le russe.

On essaie de faire coïncider les lignes des cartes et on finit par passer notre commande en se marrant bien. D'ailleurs, la serveuse était franchement très mignonne et avec beaucoup de charme, dommage qu'il y ait cette barrière de langue... Et pour parler des ukrainiennes, il faut avouer qu'en règle générale, elles ont quand même une certaine beauté naturelle et sont plutôt attirantes. Pour en revenir au repas, le repas se déroule bien, et c'est vraiment très bon (mais j'ai pas noté ce qu'on a mangé, et je m'en souviens plus). Quand vient l'heure de payer, elle nous file l'addition et manque de bol, on n'a qu'un gros billet. Elle revient nous rendre la monnaie et la, on s'aperçoit qu'on s'est fait entubé, il manque un peu d'argent. Ouai, on est pt'être des touristes, on parle pas russe, mais on va pas se faire plumer comme ça! On la rappelle, et on essaie de lui faire comprendre qu'il nous manque de l'argent (20 hryvnia) ! On se dirige avec elle au bar et elle engueule le mec qui s'occupe des additions, et la, comme par hasard, il nous a rendu pile poil la monnaie qui manquait. Après un merci a la serveuse et un petit pourboire, nous nous en allons. Comme nous passons près d'une voie ferrée qui mène a une carrière, nous attendons qu'un train passe pour que Fred puisse le prendre en vidéo (autant que tout le monde trouve son compte dans les vacances!). Un loco-tracteur est en train de manoeuvrer des wagons, Fred en profite pour filmer la scène. Puis le temps commence à virer à la pluie, nous décidons de rentrer vu qu'on a fait tout ce qu'il y avait a faire dans le coin. On reprend la marchroutka qui nous ramène à la grosse gare routière de Sébastopol et nous faisons un ptit tour au marché avant de rentrer sur Sébastopol (Севастополь) où nous nous baladerons un peu vers le port prendre des photos des sous marins russes avant d'aller acheter a manger au super marché. Vu qu'on a mangé tard (encore une fois!), on se prend un yaourt et quelques gâteaux vu qu'on a pas très faim. Voulant profiter un peu de l'ambiance nocturne de la ville, nous nous faisons un tour sur la jetée où pas mal de monde traine aussi. Ca sent quand même l'arrière saison, beaucoup de bars sont assez vides. Avec le vent qui souffle et avec une configuration particulière de la jetée, il arrive que les vagues fassent un énorme mur d'eau qui fait l'attraction de la soirée! C'est vrai que c'est plutôt impressionnant surtout que les vagues ne sont pas très violentes en soit mais le mur créé se révèle lui imposant (3 ou 4 mètres de hauteur). On retourne chercher camescope et APN pour essayer d'immortaliser ca même si ce n'est pas gagné de nuit. Pour faire la photo, ca devient même délicat, car ce phénomène se produit de temps en temps, il faut donc analyser le mouvement des vagues et la périodicité. Au bout d'un moment, 2 gars viennent nous voir et essaie d'engager la conversation. On répond la phrase classique mais efficace (Ia niepo nie mayou / я не понимаю). Alors, ils se présentent en anglais: Michaïl (faut prononcer Miraïl comme Gorbatchev quoi) et Viktor. On se salue a la russe (en se prenant dans les bras), ça fait bizarre au début, ne sachant pas trop ce qu'il faut faire. Puis on essaie de discuter un peu et après quelques échanges assez difficiles, ils nous proposent d'aller boire de la vodka. Je sais, ca ne se refuse pas, c'est de l'impolitesse, mais ca sent le plan a se réveiller le lendemain matin avec les cheveux qui poussent a l'intérieur de la tête. Comme le lendemain, on a prévu une journée assez chargée, nous déclinons finalement l'invit' (avec du recul, c'est dommage, ça aurait pû être sympa en fait!) et leur proposons plutôt demain soir. Nous les quittons peu après pour aller se coucher.
Les Tatars
Jeudi 7 septembre. Donc, nous nous réveillons particulièrement tôt car la route est longue pour notre destination du jour: Bakchissaray (Бахчисарай). Il y a environ une soixantaine de bornes en bus avant d'y arriver. Il faut d'abord aller à une autre gare routière que celle d'hier pour prendre une marchroutka, enfin non là, c'est plutôt un minibus avec des horaires à peu près définis La gare est moins loin et moins perdue que celle d'hier et elle se trouve pas loin de la gare ferroviaire (oui, à coté du port militaire pour ceux qui suivent toujours!). Nous avons juste le temps d'acheter les billets au guichet et nous voila partis dans un petit bus pour notre destination! Je vais profiter du voyage pour vous raconter un peu qui sont les Tatars. C'est un peuple d'origine turque avec un mélange possible avec des Mongols. Ils sont de religion mulsulmane. Si vous voulez en savoir plus, je vous renvoie vers la page
Wikipedia. Après plus d'une heure de route, et un grand nombre d'arrêts pour déposer et prendre des gens, le bus nous dépose finalement à Bakchissaray. Je sors le guide LP afin de lire les indications pour se rendre au palais que nous voulons visiter. Hmmm, petit problème, au bout de la rue de la gare, y'à un rond-point avec plein de branches or l'instruction du guide nous laisse quelque peu perplexe: "". Alors nous optons pour une route et marchons un peu. Histoire de se faire confirmer la direction, nous arrêtons une petite vieille et lui montrons du doigt notre destination. Elle a un peu de mal à comprendre au début puis finalement, ca fait tilt et elle essaie de nous expliquer en russe ce qu'il faut prendre. Mais nous voyant avec nos yeux de merlans fris, elle nous fait signe de la suivre, et nous amène sur une autre route et arrête une marchroutka.

Elle indique notre destination aux autres passagers, nous la remercions puis grimpons dedans. Je sais plus si j'ai raconté le principe des marchroutkas, on paie une somme fixe qui est affiché au dessus du conducteur. Donc, on s'assoie et on fait passer l'argent en montrant que c'est pour nous deux. Le billet après être passé dans plein de petites mains arrive au chauffeur et la monnaie nous revient par le même chemin. Dans la marchroutka, c'est rempli de vieilles dames qui reviennent du marché probablement. Ne sachant pas trop où on doit s'arrêter, une petite vieille nous fait signe de rester assis jusqu'à notre destination finale, le palais des Khans. Nous y voilà! Il y a quelques cahutes pour les touristes dehors et quelques cars, pas trop dur de trouver l'endroit finalement. Le palais est plutôt d'inspiration turque avec des minarets, c'est assez atypique en fait pour nous européens de l'ouest! Certaines pièces sont intéressantes à découvrir, mais l'exposition finale est plutôt sans grand intérêt si bien que nous ne nous arrêtons pas franchement regarder les vitrines. A la sortie du palais, plein de tatars se sont installés avec leur stand de nourriture (comme midi arrive) et nous assaillent pour nous en vendre. Lonely recommande d'en acheter car c'est plutôt très bon. Nous optons pour un stand et prenons une feuilleté au fromage (la dame connaissait 2 mots anglais: cheese / meat) et un balaklava sucré comme dessert. Le seul truc est de pas tenir compte de la masse impressionnante d'abeilles qui s'agglutinent sur la nourriture. Il faut un peu de technique pour les manger sans gober d'abeille, il suffit de souffler un bon coup sur le bout qu'on souhaite manger. Non, je déconne, elle a déjà viré les abeilles avant de nous mettre nos friands dans un sac plastique. On passe acheter à boire dans l'épicerie d'à côté puis on s'arrête manger un peu plus loin. Et c'est vrai que c'est super bon (aussi bien le truc salé que sucré).

Viens chez moi, j'habite dans un rocher

En continuant sur la route, nous arrivons au point de départ d'un sentier qui mène d'abord à un monastère troglodyte puis plus loin à un village troglodyte, Chufut-Kale (Чуфут-Кале). Il y a quand même pas mal de monde a monter car c'est très touristique comme coin. Le monastère est franchement de toute beauté, quelques moines y vivent en permanence et l'entretiennent. Par contre, on ne peut que visiter l'extérieur. Nous passons le monastère et continuons la montée vers le village qui s'avère longue et fatiguante. Arrivé au village, Fred est claqué et préfère rester en bas (oui, faut encore monter entre les rochers dans le village) se poser un peu. Comme bcp de lieux en ukraine, on peut se balader où on veut à nos risques et périls. Je commence a visiter tout ce qu'il y a d'indiquer puis après, je me balade en dehors des sentiers battus. Il y a certains chemins qui mènent et longent la falaise, c'est assez impressionnant (hmm, qui a dit dangereux?), puis à un moment, je discerne de la musique. Oui, c'est assez irréaliste, je suis dans un coin paumé avec des grottes partout, y'a personne, et une musique s'échappe de la terre. Je tache de trouver d'où elle provient et finalement après être descendu dans un dédale de salle dans une grotte, je tombe sur un gars qui joue tranquillement de la guitare. La salle est éclairée par la lumière qui rentre par une fenêtre qui donne sur la falaise. La scène est assez surréaliste, je m'assois et l'écoute jouer un peu et puis je m'en vais tranquillement. Je parcours le village de long en large et ayant fini de faire le tour, je rejoins Fred (car ça fait bien 1 heure ou 2 que je crapahute). Pendant, ce temps, Fred a escaladé un peu et et s'est trouvé une petite maison avec une fenêtre dans la roche et regarde les gens passer. Nous redescendons puis prenons un marchroutka qui nous ramène a la gare de Batchissarai. Y'a pas de trains vers Sébastopol avant un petit bout de temps, alors nous prenons un bus. La nuit arrivant, nous mangeons dans une sorte de cantine qui a pour thème les bateaux (toutes les gamelles sont en inox, etc) mais c'était vraiment pas terrible. En rentrant a l'hôtel, nous achetons une bouteille de vodka dans le supermarché d'en face. Là bas, les bouteilles de vodka sont au frigo avec les bières et vu la quantité, ca doit débiter. Dans les chambres d'hôtel, il y a généralement un service avec 4 verres à vodka, alors nous trinquons au vacances puis allons nous coucher.

D'accord pour Yalta

Vendredi 8 septembre. On se lève encore assez tôt car il y a pas mal de route (en temps pas en distance) pour Yalta. Comme hier pour Bakchissaray, il faut prendre le bus à la gare routière principale. Il y a à près de 4 heures de route, et ça se fait à bord d'un minibus. On entasse les sacs derrière et on prend place. Le paysage est plutôt sympa, et le temps idéal! Comme convenu nous arrivons vers 12h00 à Yalta (Ялта). La gare étant un peu excentrée, pour aller au centre ville il faut prendre un trolley plutôt pourri, le bon terme serait plutôt rustique car il est en bon état, . Il y a beaucoup de monde et de circulation, il faudra être plutôt patient, le temps que le trolley se faufile. Comme d'hab', le plus dur n'est pas de monter mais de savoir où descendre. Finalement, avec le plan de la ville du Lonely, on descendra un peu après l'arrêt idéal mais avec un peu de marche à pied, nous rejoignons l'hôtel visé,pas loin du centre et de la mer avec de très bons prix, vraiment tout pour plaire... et donc, forcément, il est complet. Après un coup d'oeil sur le guide, nous jetons notre dévolu sur une ancienne maison de passe qui a été réaménagé en hôtel et qui a l'air plutot bien sans massacrer notre budget. Après 10 minutes de marche, nous y arrivons. Il y a de la place, la nana a l'accueil est plutôt sympa et nous nous retrouvons avec une chambre avec vue de carte postale sur la mer d'un bleu magnifique!. La chambre est vraiment nickel et propre. Le temps de poser nos affaires et nous voila parti sur le front de mer pour y manger un bout. Nous nous arrêtons sur une sorte de cantine mais qui se révèle finalement plutôt cher et de qualité assez moyenne par rapport à ce qu'on avait connu à Kiev. Une fois le repas enfilé, nous partons faire une ballade pour découvrir Yalta, le front de mer. Plus loin se trouve un parc qui a l'air relativement grand. On en parcours un petit bout et nous retournons en ville. C'est vraiment très agréable de se promener sous ce temps là. Puis nous rentrons à l'hôtel nous poser un peu, défaire les sacs. Le soir, plutôt que de faire un resto, nous décidons de faire comme la plupart des jeunes, c'est se prendre un shawarma (une sorte de kebab ou le pain est remplacé par une galette frite qu'on enroule en forme de cone), le tout arrosé d'une bière assis sur le parapet au bord de la mer. La nuit tombe tot, mais l'air est bon. Il y a pas mal de monde et d'animation, alors nous trainons tranquillement. Une grosse attraction dans le coin est le déguisement. Les gens ont la possibilité de louer des costumes dans différents styles (motards rebelles, renaissance, etc) et de se faire prendre en photo dans un décor correspondant au costume. La nuit tombant, nous rentrons nous reposer à l'hôtel.

Le palais
Samedi 9 septembre. Nous nous levons vers 8h00 pour bien profiter de la journée. Après un petit dej' assez banal maintenant, vu qu'on est habitué à manger salé. Nous devons retourner en trolley a la gare routière pour choper une marchroutka qui doit nous conduire au palais Livadia (Лівадіа Дворец). Grace aux indications du Lonely Planet, on la trouve assez facilement et nous grimpons dedans. Peu avant, le chauffeur passe dans l'allée prendre l'argent et demande la destination pour savoir où s'arrêter. Il arrive à notre hauteur, je lui file le billet et essaie de prononcer le nom en Ukrainien. Il me rétorque un truc genre "j'ai pas compris" et je lui réponds "j'ai pas compris" (le maintenant célèbre ianieponemaiou). Ca a pas l'air de lui plaire et repose la question, où je lui réponds encore pareil en tachant de lui montrer sur le bouquin la transcription cyrillique "Лівадіа Дворец" mais il s'en fout et veut pas lire.

Et ca y est, le voilà qui se met a gueuler contre nous dans le bus je ne sais pas quoi (sûrement un truc contre les conards de touristes qui comprennent pas le russe). Bon, on le laisse gueuler puis se calmer, de toute façon, on peut pas discuter! Heureusement, un gars à côté de nous, voyant notre désarroi, essaie de nous aider. Je lui montre le lieu sur le bouquin et et lui, bien sûr, le prononce bien, le chauffeur satisfait nous rend la monnaie et continue sa collecte dans le bus. Pfiou, première étape passée, reste maintenant à deviner où descendre. Le bus se met en branle, sort assez rapidement de la ville. A chaque fois, le chauffeur annonce l'arrêt, nous sommes aux aguets, tachant d'identifier si cela pourrait correspondre à notre destinatation et finalement, j'entends un mot similaire. On se lève, le bus s'arrête, le chauffeur nous reconnait et là, tout sympa, nous explique comment rejoindre le palais en faisant des signes en montrant un petit chemin qui part du bord de la route. On commence à descendre le chemin se demandant où on alalit quand même. C'est un petit sentier de randonnée, après, une bonne descente et 15 minutes de marche nous débouchons sur une maison en construction avec des ouvriers sur le toit. Un gars nous voit et j'imagine demande ce que nous faisons là. Je tache de reprononcer le nom du palais et lui, il semble capter. Il nous dit de faire demi-tour puis de prendre un chemin qui descend de manière assez abrupte (tout ça seulement avec des signes). Finalement, après encore pas mal de marche, on rejoint un autre sentier plus large qui mène à un sanatorium qui se trouve près du palais! Il aura fallu au moins 45 minutes de marche pour rejoindre le palais! Pour un truc aussi connu, on se serait attendu à ce que ce soit plus facile à trouver! Il y a 2 cars et ca fait qu'il y a une centaine de touristes qui déambulent dans le jardin du palais pour y faire des photos. On va payer pour faire la visite de l'intérieur, mais faut attendre car ca se fait en groupe avec un guide. La visite du palais est quand même plutot longue sur la fin (peut être aussi parce que c'est en russe). On passe de salle en salle montrant où se trouvaient les Churchill, Roosevel et Staline lors de la signature des accords! Ah oui, je vous ai pas dit, ce palais est connu car c'est ici qu'une grande partie de l'histoire s'est dessinée. En effet, les 3 grands vainqueurs de la 2nde guerre mondiale ont redécoupé l'Europe avec le traité de Yalta. Après la visite, on mange un truc dans un resto pas trop loin du palais puis on regagne la route pour prendre une marchroutka qui va nous emmené encore plus loin de Yalta.

Les environs de Yalta

Le véhicule arrive déjà plutot bien bondé et on joue un peu des coudes pour se faire une place et monter. Pendant que le père conduit, le fils récupère l'argent. Comme la marchroutka est pleine, les gens râlent, ne paient pas forcément, mais le gamin (il doit avoir une dizaine d'année) fait régner l'ordre. C'est plutôt comique! Une fois à destination, on doit prendre un téléphérique qui amène en haut du mont Aï-Petri connu sous le nom de Kanata Doroha (Канатна Дорога) qui offre une très belle vue sur toute la ville de Yalta. Y'a pas mal de queue mais on y est. En fait, il faut prendre 2 téléphériques l'un après l'autre. Une fois en haut, il fait assez froid, et le coté décevant, c'est ultra touristique. Il y a beaucoup de cabanes tenues par des Tatars qui vendent un peu de tout, mais en s'éloignant un peu, on retrouve un peu de calme et une très belle vue sur la baie. On fait quelques photos mais vu le vent et le froid, on ne reste pas très longtemps et on redescend. Au retour, la marchroutka est bien pleine et roule a fond dans les lacets de montagne, c'est chaud! Faut avoir confiance dans le gars qui conduit voire plutot pilote a ce niveau la, mais je dois avouer que ca fait du bien d'arriver a destination! Sur le chemin du retour vers l'hotel, nous nous arrêtons manger dans un petit "café" tenu par une vieille dame mais dont le Lonely Planet tari d'éloges. Effectivement, on est pas déçu, c'est super bon et carrément pas cher. Le seul truc, il y a pas de bière, alors, je me rabats sur une limonade. Une fois fois, le ventre plein, nous regagnons l'hotel pour y passer une bonne nuit. Après un bon p'tit dej, nous faisons nos sacs une nouvelle fois car nous quittons Yalta aujourd'hui. On règle la chambre puis on reprend un trolley qui nous remonte à la gare routière où nous déposons les sacs à dos pour pouvoir bouger librement ce matin car nous voulons voir Gurzuf (Гурзуф) une petite ville balnéaire non loin de là. Le temps est toujours aussi beau, c'est super agréable! Le trajet est assez rapide mais reste toujours le délicat choix de savoir où et quand s'arrêter. Finalement, on descend en même temps que tout un groupe et après avoir erré dans un quartier, nous trouvons le marché et finalement le front de mer. Il y a pas mal de monde et la ville se révèle assez agréable (y'a une histoire de rocher, chercher dans le Lonely Planet). Après avoir passé la matinée à marcher, nous reprenons la marchroutka pour Yalta afin de récupérer nos sacs. De la gare routière, nous prenons un ticket pour le trolley qui doit nous amener à Simféropol (Сімферополь).

Euh, Simféropol, c'était pas prévu ça!

La particularité de ce trolley est d'être le plus long au monde (environ une soixantaine de kilomètres) et le trajet dure plus de 2 heures et demie. Au début c'est marrant, mais ca devient quand même assez pénible, tous ces arrêts. Nous arrivons à la gare de Simféropol (Сімферополь) vers 17h10 pour s'apercevoir qu'on vient de louper le train pour Odessa (Одеса) de quelques minutes... Et bien sûr, comme tous les trains Ukrainiens, il n'y en qu'un seul par jour. N'ayant vraiment rien a faire à Simféropol, on tente la carte du bus de nuit, seulement, la gare de bus est à l'opposé de celle de train. Nous prenons un bus supposé nous y amener mais après avoir fait un tour de ville et repasser devant la gare, il fait son terminus au dépôt. Nous voila, au bord de la route, avec aucune notion d'où nous avons atteri, sans carte du coin, ni arrêt de bus visible. Le plus simple dans ce cas là, c'est de suivre son instinct et marcher dans une direction. Fred ayant son téléphone GPS dans son sac le sort et tente de trouver où nous sommes sans grand succès car la carte est absolument pas précise et Simféropol n'existe pas... Concernant la signalisation, ne rêvons pas, elle est quasi inexistante en Ukraine. Finalement, nous retrouvons le centre ville et partons à la recherche d'un hôtel. Ca sera vite vu, le choix est très restreint, on en a plein les pattes de cette journée,on prend le plus près.h On arrive dans une grande cour, avec un grand batiment avec un portier en bas. On fait un peu tache avec nos vêtements pas très propre, une barbe de quelques jours et les sacs sur le dos, mais sans rien n'y laisser paraître, le gars nous ouvre la porte pour nous laisser entrer. A l'intérieur, c'est la grande classe, de hauts plafonds, du marbre partout, des trucs dorés un peu partout. On s'avance à l'accueil pour réserver une chambre. Quand elle nous annonce le prix nous restons de marbre, et nous demande si nous payons en dollars ou en hryvnia. C'est vite réglé par carte bancaire (80 EUR si je me rappelle bien) et nous recevons la clé de la chambre. La chambre est propre et grande. Y'a un minibar, des chaussons, de belles affaires de toilette. Non, c'est sûr c'est bien, mais de là à payer ce prix pour ça, heureusement que ça reste exceptionnel sinon le budget en prendrait une claque. On pose les sacs et partons à la recherche d'un restaurant. La ville n'ayant aucun attrait touristique, c'est comme les hôtels, y'a peu de choix. Nous prenons aussi le plus près de l'hôtel et nous retrouvons dans un petit café bien sympa en fait. Nous retournons à l'hôtel passer une bonne et longue nuit dans de supers lits confortables. On se réveille à 11h00 et on va prendre notre ptit dej qui se trouve a la hauteur du prix de la chambre: de la langue de boeuf! Voila qui devrait nous faire tenir la journée. Nous quittons l'hotel pour la gare ou nous achetons les billets de train. Il reste très peu de places. Soit, on se sépare, soit il reste un compartiment près des chiottes au dessus des bogies, ce qu'on choisit. Je passe l'après midi dans la ville, pas intéressante... c'est vraiment une journée de perdue. Vu qu'il y en a encore pour une douzaine d'heures de train, nous mangeons au McDo avant de partir vers 17h00.
Odessa

Mardi matin. Le train arrive à Odessa (Одеса) sur les coups de 5h30. Nous avons vraiment mal dormis l'un comme l'autre (réveillés souvent, mal au dos, etc.), et donc la mauvaise humeur et la tension s'installent. On dépose les sacs à la consigne et pour éviter de recommencer ça, on décide d'aller acheter les billets pour le retour sur Kiev (Київ). On se fait envoyer de guichet en guichet sans rien capter de ce que les guichetiers nous répondent. La tension monte d'un cran... et finalement on rassemble tous les éléments du puzzle pour comprendre que tous ses guichets ne délivrent que des billets pour un départ le jour même et que pour réserver à l'avance, il faut aller à un autre guichet nommé Service center (qui n'ouvre qu'a 7h00). On attend donc l'heure d'ouverture sur un banc de la gare puis on prend nos billets. On se rend compte qu'il y a une taxe spéciale Service center pas négligeable, on s'embrouille pour des conneries et on se fait la gueule. Ne sachant trop que faire, on va se balader dans Odessa au petit matin en attendant que la ville se réveille et par la même occasion, ca fait redescendre la pression. Nous prenons un ptit dej à la terrasse d'un café au soleil et Fred profite de la connexion wifi de l'hotel. La matinée étant maintenant bien entamée, nous allons réservé une chambre à l'hotel. Nous posons les sacs et allons faire une balade dans le port. Cet après-midi, j'irai bien faire un tour à la plage. Nous prenons un kebab sur le pouce, je fais une grosse tache de graisse sur mon pantalon... Le temps commencant à virer, nous abandonnons l'idée de la plage et rentrons à l'hotel faire une lessive suivie d'une sieste pour se remettre de cette mauvaise nuit. Le soir, nous profitons des nombreux restaurants et cafés de la ville pour choisir celui qui nous plait (un qui propose des plats typiques tant qu'à faire). Le repas se compose d'un brotch, d'une bière et une glace. Après une petite balade de nuit dans Odessa, nous rentrons à l'hotel pour une bonne nuit. Après une bonne grasse mat', nous nous levons pour aller à la plage, le soleil ayant fait son apparition. Côté plage, c'est vraiment pas entretenu (des pontons sont en ruines, les escaliers pour descendre sont rouillés) mais y'a quand même pas mal de monde. Après notre petite matinée de plage, nous allons manger un petit sandwich sur un banc. Un gars nous accoste et demande si il peut se mettre à notre banc. Nous entendant parler français, il entamme la conversation avec un français hésitant et nous discutons une bonne demi-heure avec lui (en français, anglais, russe). Il s'appelle Andreï et nous explique qu'il a appris le français à l'école. Il cherche ses mots mais est tellement enthousiaste de parler avec nous, il partage sa bière! Nous nous quittons finalement après de grandes accolades et retournons vers Odessa pour une ultime balade dans la ville et une visite du marché avant de prendre notre train pour Kiev. Nous nous installons dans le compartiment, et un papy nous demande quelquechose et nous lui répondons que nous comprenons pas. Puis 2 minutes, plus tard, il revient et s'énerve, sa place était dans le compartiment! Fred lui répond sèchement en montrant qu'on ne comprend rien et qu'on est français. Finalement, le papy se met à rigoler et se met à causer 2-3 mots d'allemand. La nuit se passe bien mieux que notre précédente nuit en train!

Kiev, sous le soleil

Jeudi 14 septembre. Le train arrive en début de matinée à Kiev (Київ). Nous retournons à l'hotel Turist que nous avions pris au départ, mais il est complet. On tente 3 autres hôtels sans succès, tout est complet! Bon, ca s'annonce mal, mais Fred a une idée qui va nous sauver! En effet, dans les gares en Ukraine, y'a toujours des chambres pour les voyageurs. Nous tentons notre chance et demandons si on peut rester 2 nuits. La personne à l'accueil nous fait comprendre qu'il faut renouveler tous les jours mais que ca ne pose pas de problème. Ca s'avère être un très bon plan, car tout a été refait, c'est très propre, calme et pas très cher. Fred passe l'après-midi à chasser les trains pour faire ses dernières videos pendant que moi, je visite le monastère la laure des catacombes. Le temps est super agréable pour se promener. Je visite le monastère et descend dans les catacombes. Il ne faut pas oublier d'acheter une bougie en haut car c'est avec cela qu'on s'éclaire! Je pensais que c'était juste un cierge pour faire sa prière mais finalement, ca se révèle très utile car il fait noir complet. Dans les catacombes se trouvent le tombeau de moines, et les gens baisent les pieds de tous les moines (retrouver pourquoi). Après la visite et quelques photos, je retrouve Fred pour manger un bout et retourner dormir à la gare. Pour le petit dej',nous achetons des viennoiseries dans les kiosques la gare. La matinée est consacrée à la visite du musée Tchernobyl qui est très intéressant même si les explications sont en russes. L'après midi, nous errons dans l'avenue Andreizki à la recherche d'un supermarché pour y faire nos achats. Nous en trouvons un mais sans grand intéret pour nous, car il ne propose que des produits plutot de luxe ou de marques européennes connues. Nous avions repéré une cahute de bouffe qui avait toujours une longue file d'attente et dont le guide Lonely Planet nous avait vanté les mérites. Pour le repas du soir, nous avons donc décidé d'expérimenter ça et prenons place dans la queue. En fait, ca défile très vite, et on se rend compte qu'il n'y a pas de choix à faire mais juste dire le nombre. On dis donc 2 et on se retrouve avec une saucisse trempée dans l'huile chacun. C'est méga gras mais très bon. Dans une cahute un peu plus loin, j'achète une cannette de bière pour faire glisser le tout.
C'est notre dernière nuit en Ukraine, et pour le moment on a pas grand chose à ramener, on tente une dernière expédition à la recherche d'un supermarché. Et on finit par en trouver un (je me rappelle plus comment!) En tous cas, c'est génial, on trouve tout ce qu'on voulait (de la vodka, du vin, de la bière, des bonbons, etc). Ils ont même un rayon de vins étrangers à part, et j'y jette un oeil. Une dame se rapproche et me demande si je veux des conseils. Je lui réponds que je suis français et que je regarde juste comme ça, ce qui la fait marrer. On rentre à la gare (notre chambre) bien chargés et on commence à préparer les sacs car on doit se lever assez tôt pour l'aéroport.

Do pobatchennia
Le lendemain, samedi 16 septembre, nous prenons la navette pour l'aéroport qui se trouve en fait en bas de la gare, on y est donc vite fait. Vient le moment délicat de payer les tickets, ouf, nous avons juste assez d'argent pour ça... il nous reste vraiment que quelques kopeks! Il y a une autoroute pour aller à l'aéroport, le trajet est donc plutot rapide et nous arrivons vraiment en avance. Nous attendons donc dans le hall de l'aéroport le temps d'embarquer. Le passage à la douane se fait sans encombre (ouf, j'avais acheter un peu trop de bière et de vodka!). L'avion se pose dans l'après midi à l'aéroport Charles de Gaulle à Paris et nous prenons ensuite un TGV pour Lyon où nous reprenons contact réllement avec la civilisation française car ca faisait un bout de temps qu'on avait pas entendu parler français.
Au final, l'Ukraine est vraiment une destination excellente à différents points de vue: culturel, paysages, historique. J'ai vraiment adoré ce pays mais je dois dire que l'approche n'est vraiment pas évidente pour quelqu'un ne parlant pas russe. Les sites touristiques ne sont pas faciles d'accès, il y a très peu d'indications, les gens ne parlent que russe. Pour le moment, je ne conseillerai pas ce pays aux gens qui n'ont pas l'habitude de voyager par eux-mêmes. Et je ne suis pas sûr qu'on puisse vraiment apprécier ce pays avec des voyages organisés. Enfin bref, ca restera un excellent souvenir et m'aura donné de l'assurance pour les prochains voyages avec toutes les aventures vécues durant ces 3 semaines.
Le cyrillique
Au début, cela peut paraître difficile de lire du
cyrillique, mais une fois que l'on sait comment prononcer chaque lettre, il est possible de décrypter le sens de certains mots ou en tout cas de les prononcer.
Voici la liste des lieux où nous sommes passés avec leur correspondance en cyrillique.
Bakhchisaray : Бахчисарай
Balaklava : Балаклава
Chufut-Kale : Чуфут-Кале
Crimée : Крим
Csop : Чоп
Gurzuf : Гурзуф
Kamenetz-Podolsky : Камянець-Подільский
Kanata Doroha : Канатна Дорога
Khmelnytskiy : Хмельницкий
Kiev : Київ
Livadia (palais) : Лівадіа Дворец
Lviv : Львів
Odessa : Одеса
Sébastopol : Севастополь
Simferopol : Сімферополь
Yalta : Ялта