Cette rando fut un peu improvisée au dernier moment, c'est pourquoi je me suis trouvé tout seul pour la faire. En fait, suite à un déménagement des serveurs à Euromaster, le client où je bosse, tout le monde s'est retrouvé en congés forcés pour 3 jours. Alors, c'était le moment de me faire une petite randonnée. J'expose mon projet à Sandra qui m'a concocté un tour au massif du Taillefer, du côté de l'Oisans.
Purée de pois

Jeudi 11 septembre. Putain, j'ai pas entendu mon réveil et je me lève, il est déjà 9 heures... Super pour partir à la fraîche, c'est loupé, d'autant plus qu'il y a facile 1 heure de route! Un coup d'oeil à la fenêtre, et en plus, il fait un sale temps, il flotte... Bon, qu'est-ce que je fais alors ? Merde, je vais pas rester deux jours à me morfondre dans mon appart', je fais mon sac, je charge la bagnole et c'est parti! Tout d'abord direction Grenoble, puis direction Briançon, puis la station de ski de l'Alpe du Grand Serre. Et là, ca se corse... le mont est complètement dans le brouillard, on voit que dalle sur cette route de montagne...et pour compliquer le tout, juste avant la grimpette, plus trop d'essence, je passe sur la réserve. Bon ça va, l'ordinateur de bord annonce 90 bornes encore d'autonomie. Seulement, en grimpant, ce chiffre se casse la gueule, 80, 70, 40... Le doute s'installe, je continue à grimper ou je fais demi-tour faire le plein ? Allez, je vais pas tout redescendre, et finalement, j'arrive à ma destination, l'ordinateur m'annonce encore 23 bornes d'autonomie. Je chausse les pompes de rando, mets le sac sur le dos, sors mes cartes, et c'est parti. Il doit être aux environs de midi,je vise une première étape pour m'arrêter manger, le lac Punay qui se trouve à environ une heure de marche environ. Dans le brouillard, je croise seulement un couple qui revient d'une ballade sinon, personne de chez personne. Il fait relativement humide, c'est pas très agréable... je me demande dans quoi je m'embarque quand même. Enfin bon, demain, il devrait faire beau j'ai vu ça à la météo, alors aujourd'hui, je vais plutot tracer direct au refuge et on verra demain. Le repas du midi (de la semoule de taboulé, un sandwich) sera avalé rapidement au bord du lac, et je reprends mon chemin, enfin disons plutôt que je pars à la recherche des traces du chemin dans le brouillard. Heureusement, aujourd'hui, je suis un GR, alors il suffit de chercher les marques rouge et blanche! Pas grand chose à raconter sur mon trajet, je vois rien, je marche rapidement me demandant vraiment dans quelle galère je m'embarque. Il est 16 heures, après avoir passé le lac Fourchu, je devrais plus trop tarder à arriver au refuge, d'ailleurs, je vois quelques pancartes qui l'annoncent. Puis après quelques temps de marche, en scrutant ma carte, je me rends compte que j'ai déjà passé le refuge mais avec cette merde de brouillard, je l'ai sûrement pas vu... Pas de panique, juste le doute qui s'installe... Est ce que je l'ai vraiment dépassé? depuis longtemps? Comment j'ai pû le louper? Existe-t'il encore ? Bon, c'est pas trop grave, j'ai tout ce qu'il faut pour dormir dehors, mais vu le temps pourri, un toit serait pas de refus! Finalement, après avoir fait demi-tour et scrutant le chemin, j'aperçois un peu d'herbe piétinée, et je décide de suivre ces traces qui me mèneront finalement au refuge du Taillefer! Là, je vais voir le gardien, et je décide de prendre la totale (nuit, repas du soir, ptit dej'). Le refuge n'ayant pas de douche, je file au ruisseau me laver sous la pluie. L'eau est quand même froide, mais le corps encore bien chaud et dégoulinant de sueur, ca fait vraiment du bien! De retour au refuge, je commande un bon chocolat chaud. En attendant le repas, je bouquinne tranquillement, puis en zyeutant dehors, je vois que le temps se dégage, révélant doucement la vallée. Bonne nouvelle, demain ca sera nickel! Puis vient le repas, une bonne soupe en entrée, du riz avec je sais plus quelle viande et sauce tomate, un régal, et le tout arrosé de vin rouge! Après ça, un bout de fromage et une part de tarte au myrtilles avec du Génépi pour faire passer le tout! Je discute avec le mec du refuge, c'est un jeune qui a repris l'affaire l'année dernière. Il faisait un DUT d'informatique à Paris, puis ca l'a soulé, il a abandoné pour retrouver ce qu'il aime, la montagne! Il est pisteur l'hiver et tient le refuge l'été. Après un brin de toilette, je vais me coucher, la nuit arrivant déjà.

Quel paysage!

Le matin, réveil tranquille vers 6h30. Le petit dej' étant prévu vers 7h00, ca me laisse le temps de ranger mes affaires et préparer mon sac. Le gars du refuge m'a préparé un bon chocolat chaud avec quelques tartines de pain et du beurre, un vrai régal (en fait, en pleine montagne, même les choses super simples sont vachement appréciées!). Là dessus, ptite toilette rapide (les dents, un coup de flotte sur le visage) et en route! La journée s'annonce superbe, aucun plafond nuageux, le soleil est déjà là. Après quinze minutes de marche, je croise deux bergers qui déplacent leurs moutons, le tout dirigé par 3 chiens. Un des chiens s'interpose entre les moutons et moi, et me surveille du coin de l'oeil. Je préfère faire quelques pas de recul et contourner le troupeau. Je me sens vraiment bien au milieu de ces montagnes, avec ce superbe temps et aucun bruit... quelle sensation de liberté et en même temps, on se sent tellement petit devant ce spectacle! Approchant des ruines d'une bergerie, j'en profite pour me délester un peu puis continue mon chemin. Ca descend depuis le début mais après un embranchement, cela commence à bien grimper. Sous ce soleil, je choppe vite une suée et me pose sur un rocher tel un lézard. Une fois remonté sur le plateau, quel paysage! Des étendues d'eau par ci, par là, et je n'ai toujours croisé personne. Je prends mon temps, fais des photos, apprécie le paysage... le bonheur simplement!

L'ascension du Taillefer
Maintenant, il est temps de passer aux choses sérieuses, aller en haut du Taillefer. Après avoir perdu du temps et essayer de suivre plusieurs sentiers, je finis par en trouver un qui grimpe bien. Aucune balise, j'espère juste que c'est le bon! Ce n'est plus vraiment un chemin, car la face est faite que de caillasse et de petits cailloux... en rajoutant le soleil qui tape, une forte pente, le doute sur le sentier, on obtient un mélange très intéressant! Plus sérieusement, ca a été dur cette grimpette, mais le doute s'est effacé quand j'ai trouvé quelques kerns, et des traces de vieilles peintures vertes. Le midi, je me suis posé sur un rocher, et j'ai grignotté le taboulet préparé l'avant veille. Bof, pas terrible, je me force a le manger et fini par une compote et des pailles d'or. Après quelques heures de grimpette et plusieurs litres de sueur, j'arrive au col du Grand Van, un paysage complètement désertique. J'hésite à monter en haut du Taillefer et finalement préfère continuer mon chemin en suivant la crête du petit Taillefer. De là haut, on a une vision sur Grenoble parmi les nuages. Puis je continue sur la crête du Brouffier puis entame la redescente vers la cabane du Brouffier. Là, je retrouve beaucoup plus de monde qui fait sa petite randonnée de digestion. Je continue mon chemin tranquillement et regagne finalement le parking où j'avais posé ma voiture. Le parking est bien rempli alors qu'hier, j'étais le seul... Ah si quand même le retour en voitue, comme je le disais au début, il me reste pas grand chose comme essence, vu que c'est que de la descente, en fait, je l'ai fait quasiment en roue libre. Une fois en bas, il me restait encore une vingtaine de bornes d'autonomie, j'ai trouvé une station un peu plus loin... Finalement, il était temps, l'ordinateur m'annoncait plus que 8 kilomètres d'autonomie... glurps... après, j'ai failli me faire flasher à l'entrée de Grenoble par un radar embarqué dans une voiture, heureusement, j'ai eu le temps de freiner... puis le retour à l'Isle d'Abeau s'est passé sans encombre.
Au final, une excellente ballade, qui peut même être faite à la journée en partant relativement tôt, le tout dans un décor vraiment grandiose et atypique des Alpes... certains comparent ça avec les Highlands en Ecosse, je sais pas, je n'y suis pas encore allé!
