Après notre tour du
MontBlanc, Fred et moi nous sentions prêts à faire quelque chose de plus corsé. La Corse, ca me tentait bien et Fred en en discutant avec Bé, une de ses collègues de boulot, serait aussi partant. On se retrouve donc à 4, Fred, Bé, Loup, le mari de Bé et moi à faire le GR20...
Préparatifs

Mi-novembre (2003), nous commençons à discuter de la façon de s'organiser, et la date choisie sera fin mai, profitant des 2 seuls ponts de cette année d'une part, et d'autre part, pour éviter le flot de touristes de la haute saison. Fred commence à raler, disant que c'est trop tôt, qu'on aura plein de neige, mais on finit par le raisonner (enfin plutot le persuader que c'est une bonne date). Les billets d'avion sont pris à l'avance (Paris - Calvi pour l'aller et Figari - Paris pour le retour) pour 273€ le tout. On partira avec la tente, le réchaud et la bouffe. Mon sac de rando ayant des coutures qui ont laché, je le change pour un Millet qui vient de sortir. Puis nous organisons une soirée "lyophilisés" pour voir un peu ce que ca vaut et lesquels sont bons. Ben finalement bof quoi, on prendra plutôt des pates, riz, semoule, blé avec des sauces, c'est bien moins cher (compter 6-7€ par repas lyophilisés). Sinon tout le monde nous parle du film "Les randonneurs" et aucun de nous ne l'avons vu, nous faisons donc une soirée chez Fred pour le voir. C'est pas un grand film, mais le contexte nous correspond, et ca se laisse regarder! Le grand jour approche, nous faisons la checklist ainsi que la liste de répartition de la bouffe. La semaine précédente, ce sont les derniers achats et les répétitions... bon, je sens que le roulage de matelas et de sac de couchage, ca va vite me faire ch*er, à croire que les housses sont trop petites, mais finalement après 25 essais, je parviens à ranger tout! Maintenant, la partie délicate, c'est comment organiser le sac (poids et taille) pour caser la bouffe, le matos et les fringues. L'idéal serait d'arriver à un sac de 16kg (plus 2kg de flotte).
Corsica, nous voilà!

Jour J. Réveil un peu difficile, j'ai passé une bonne soirée barbecue avec des collègues. Heureusement, j'ai préparé le sac la veille, alors ptit dej rapide, et c'est parti. Je rejoins Fred, direction Denfert-Rochereau pour prendre l'Orlybus pour l'aéroport où nous rejoignons Loup et Bé. Enregistrement des bagages et pesage des sac à dos : 19 kg pour Fred, 23 kg pour Loup, 11 kg pour Bé et un ptit 17 kg pour moi. Contrôle à la douane, premières emmerdes, Fred passe sous le portillon, ca beepe. Après diverses tentatives, ca vient des pompes de rando. Je me fous de lui, puis finalement, ca m'arrive aussi : résultat, obligés de passer en chaussettes le portillon. Après un vol sans encombre, nous nous posons sur l'aéroport Sainte Catherine. Bon, il va nous falloir rallier Calenzana, le départ de notre aventure, alors nous récupérons nos sacs, les arnachons sur le dos et arpentons la route. Les sacs sont lourds, l'estomac grogne, le soleil tape, nous décidons de s'arrêter faire une petite pause pour manger après avoir avaler quelques bornes. Nous reprenons notre marche vers Calenzana, et c'est le calvaire... il fait une de ses chaleurs et nous avons très peu d'eau, ca grimpe, les quelques voitures nous rasent, le sac creuse les épaules, mais nous finissons par y arriver. Petite halte au café ouvert de la ville pour se rafraîchir et premier contact avec la boisson corse pour moi, je prends un demi de Pietra, bière à la chataigne. Redescente vers le gite d'étape où nous allons passer notre première nuit en tente pour être prêt à se mesurer au GR. La nuit est plutôt chère (compter 14 Euros pour 2 personnes avec une tente) mais ils vendent du gaz. Premiers essais de montage de tente, gonflage de matelas et autres activités follement intéressantes, puis repas et dodo.
Calenzana - Ortu di u Piobbu (Etape 1)

Nous nous levons à 5h20 comme prévu, prenons notre petit dej, faisons nos sacs avec attention et nous voilà prêt pour commencer notre long périple. Cela commence tranquillement au milieu des herbes hautes, de la nature qui vit à son rythme, c'est vraiment agréable mais les sacs commencent à se faire sentir sur le dos. Après 2 heures de marche, nous faisons une pause pour poser nos sacs et nous ravitailler avec des barres céréales. Nous faisons la rencontre avec d'autres groupes qui font le GR20. Nous savons que nous allons nous suivre te nous croiser au fil des étapes durant plus d'une semaine. Nous repartons mais là, ca commence à grimper dur. Plus personne ne parle, chacun prend son rythme, serre les dents et avance. De plus, la terre du sentier commence à laisser place à la caillasse et nous nous paercevrons que cette caillasse nous suivra durant toutes les étapes. Et oui, pas de beau sentier bien tracé sur le gr20, mais des pierres, des ptites, des grosses, des qui glissent, des qui roulent, y'en aura pour tout le monde! Le petit dej du matin étant loin, nous faisons une halte après cette montée en nous posant dans l'herebe au soleil. Nous passons au chose sérieuse et sortons le sauciflard, fromage et pain de mie. Ah ca requinque bien, nous voila d'attaque pour la suite de l'étape. Cela reprend tranquillement dans les sous-bois, cette trêve nous fait du bien, mais ça se corse. Il faut commencer à faire de l'escalade, se contorsionner entre les rochers, se tenir à une main courante pour avancer. Fred qui veut prendre une photo avec mon appareil photo se démerde je ne sais pas comment et ouvre la trappe du compartiment à piles... On déplore une perte qui sera remplacé par une autre pile, j'avais prévu des piles de rechange. Nous continuons à grimper, puis nous apercevons le refuge au loin mais avant tout, une sacré montée nous attend. La proximité du refuge nous redonne du baume au coeur et nous montons. Peu avant l'arrivée, j'arrive à cours de flotte mais ce n'est pas grave, encore 15 minutes et nous sommes au refuge. Au final, tout le monde aura consommé entre 2,5 litres et 3 litres d'eau! Nous installons la tente et prenons notre première douche glacée et faisons nos premières erreurs. En effet, nous découvrirons trop tard que le savon de marseille s'en va très mal avec l'eau de source si bien que nous devons rester longtemps sous l'eau pour réussir à s'en défaire. De même, l'eau glacée donne un mal de tête terrible (comme pris dans un étau), pas pratique pour virer le shampooing. Nous faisons notre lessive puis prenons notre repas à 18h00. Ce sera des pâtes puis nous nous couhons à 19h30.
Ortu di u Piobbu - Carrozzu (Etape 2)

Levé prévu à 5h00, mais Fred et moi ne nous réveillons qu'à 5h20. Fred avec ses boules Quies n'a pas entendu sa montre, et il ne faut pas compter sur moi pour entendre ce genre de bruit à cette heure-ci. Ptit dej, démontage de la tente, et nous entamons notre première montée de la journée. Il y a pas mal de dalles rocheuses à passer mais par temps sec, ca se travserse sans trop de problème. Nous faisons une halte dans une bergerie en ruine. Loup et moi en profitons pour nous alléger dans un cadre magnifique, avec une vue impressionnante sur la vallée. Nous continuons sur une bonne grimpette et arrivons en haut et constatons une vue magnifique sur un cirque. La carte nous indique que nous contournons le cirque, mais à faire, ce sera vraiment très dur mentalement. En effet, c'est très technique, pas mal d'escalade, de chemin étroit sur la roche, de vide partout, et ca n'arrête pas de monter, descendre, de passer un coup, à gauche de la montagne, un coup à droite. Nous pensions être dans les temps, alors nous décidons de ne pas manger en route mais d'attendre d'être au refuge... Ce fut une grave erreur, nous avions pris pas mal de retard et il nous restait encore du chemin à faire... Nous amorçons enfin la redescente vers le refuge, mais la descente fut longue, dans la caillasse, usés par la fatigue et la faim. Chacun prenant son rythme, Fred et moi partons devant, sans un mot, puis Fred me devance. Nous arrivons au refuge exténué, après 8heures de marche, et hésitons entre refuge et tente. Va pour la tente, mais finalement, les emplacements restants sont envahis par les fourmis, nous craquerons pour le refuge. Pour la douche, encore mieux que la première journée. Cette fois-ci pas de cabane, la douche se prend en plein air si bien que Bé et Loup prennent leur maillot de bain. Je prends ma douche peinard en tenue d'Adam quand d'un coup je m'aperçois en fait, un groupe en train de discuter de cette étape en attendant que j'ai fini ma douche. Ca fait bizarre au premier abord, puis en fait c'est pas génant dans la mesure où il ne faut pas être trop pudique! Petite discussion avec les autres randonneurs et la grosse question concerne la 4ème étape : le cirque de la Solitude car il paraîtrait qu'il est enneigé et que pour passer faut crampons et piolet puis repas et dodo à 20h00. Le temps étant incertain, nous préférons nous lever tôt le lendemain matin.
Carrozzu - Ascu Stagnu (Etape 3)

Hopla, réveil à 5h00 pour un départ à 6h00. Et oui, pas de tente ni de matelas gonflable à ranger, ca va quand même plus vite. L'étape s'annonce encore plus technique qu'hier, et ça commence par la passerelle de Spasimata, puis nous longeons la montagne sur des dalles rocheuses avec un torrent en contrebas. FInalement après une bonne grimpette, nous arrivons au lac de la Muvrella où une surprise de grande taille nous attend! En effet, l'ascension que nous devons faire à partir de là est entièrement dans la neige! Il faudra suivre avec précaution les traces laissées par les randonneurs nous précédant. Puis finalement, nous arrivons en haut sans encombre, les chaussures bien mouillée. La partie suivante s'annonce dangereuse car les semelles trempées n'adhèrent que très peu sur la roche et le sac de 20kg est là pour nous déstabiliser. Nous prendrons notre temps mais passerons ces diverses étapes puis la pluie nous rejoindra lors de la descente vers le refuge de Ascu Stagnu. Arrivés en bas, nous nous installons dans le refuge qui n'est pas gardé. Un gars nous filera un pain qu'il a fait lui même car il en a déjà un et ca devient trop lourd. Aaaah, la douche chaude, ca fait du bien! Après discussion avec les autres randonneurs et concertation entre nous, nous décidons de couper jusqu'à Vizzanova car l'étape 4 et l'étape 7 sont dans les mêmes conditions à savoir sous la neige avec des risques d'avalanche! Nous allons demandé à l'hotel (oui, y'a un hotel car c'est aussi une station de ski l'hiver) pour appeler un taxi. Le seul taxi du coin n'est pas libre avant 2 ou 3 jours mais la patronne de l'hotel nous demande de voir un autre gars. Apparemment il a dégoté un chauffeur pour un groupe de 7 personnes et il nous trouve aussi un chauffeur pour nous amener à Ponte Leccia où il y a une gare. En attendant le chauffeur, nous goûteront à diverses liqueurs corses (chataigne, cédratine : agrume corse). Le chauffeur arrive, nous chargeons les sacs et prenons place et la voiture se met en branle. Alors mes enfants, cette descente fut mémorable! Le mec descend à toute barzingue, coupe les virages, frôlent les vaches qui déambulent paisiblement sur la route. Le meilleur moment réside lorsque nous collons une moto durant plusieurs bornes jusqu'à ce que le motard se range pour nous laisser passer. Imaginez une moto en pleine montagne roulant à 80 avec une bagnole à moins d'un mètre derrière lui! Je dois dire que le motard avait pas beaucoup de marge de manoeuvre! Finalement, nous arrivons à la gare où nous prenons un billet pour Corte où nous arriverons en début de soirée. Nous nous installons dans un camping dans la ville au bord de la Restonica, la rivière qui traverse Corte. Nous faisons une petite visite de la ville le soir et nous arrêtons manger une glace sur la place.
Coupure à Corte

Alors ce matin, c'est grasse mat', et oui, pas à se lever pour marcher, ca fait quand même du bien. En fait, nous nous lèverons tout de même à 8h00 avec le soleil qui commence à taper sur la tente. Montée dans la ville pour acheter des canistrelli, des ptits gateaux secs avec divers variantes (anis, aux amandes, citron, etc), et nous voilà posé à la terrasse d'un café pour prendre un ptit dej'. Il fait beau, et c'est si agréable de se balader dans la ville sans avoir à trainer son barda sur le dos, et nous en profitons pour repérer le restaurant dans lequel nous pourrons déguster les spécialités corses ce soir. L'heure tourne, nous décidons de faire les courses pour manger ce midi mais aussi pour refaire le plein pour les prochaines étapes du GR. Pour le midi, onous craquons pour un melon, des tomates fraiches, basilic frais et mozarella, la vache, ça fait du bien de manger des produits frais! Pour la digestion, nous décidons d'aller glander au bord de la rivière qui passe dans le camping (la Restonica). Bérangère lance un pari à la con, qu'elle paie l'apéro ce soir à ceux qui se baigne... Quoi de plus con que des mecs entre eux, ben on y va. L'eau est dans les 10°, et Fred se mouille le premier et me fait couler dans l'eau pour se venger d'une bataille d'eau précedente. Woahou, ca saisit, mais finalement, ca sèche vite avec le soleil! Allez c'est l'heure à Bérangère d'honrer sa dette et nous nous posons à la terrasse d'un café à savourer une mousse. Là dessus, on enchaine avec un restaurant pour enfin découvrir ce qu'il y a de bon à manger en Corse : soupe de poisson, charcuterie, civet de sanglier, fromage corse, gateau à la chataigne) et pour faire passer le tout un petit digestif : liqueur au cédrat, citron et chataigne. Gardant notre rythme acquis sur le GR, nous nous couchons relativement tôt. Réveil à 8h00 encore avec le soleil, ptit dej vite pris au camping et démontage de la tente constituent notre début de journée. Le sac retrouve sa place sur nos épaules, et nous descendons sur la gare pour choper un train pour Vizzavona. Arrivée à destination, nous constatons qu'en fait, à part la gare, un bar, le refuge et un hotel (I Caricci), y'a que dalle, nada! Nous prenons l'hôtel mais modèle dortoir (ce sont des chambres de 2 lits superposés), c'est rustique mais bon, ca va. Nous avons encore l'après midi à passer, nous montons voir la cascade des anglais puis enchainons avec un fort et redescendons à l'hôtel pour prendre le gputer et attendre patiemment le diner qui sera servi à 20h00. A 19h15, ayant marre d'attendre, on file au bar prendre un apéro, puis finalement vient le repas, simple mais agréable et très bon (crudités, poulet et riz, flan).

Vizzavona - Capanelle (Etape 10)

Mercredi 26 mai - 5h30. Réveil difficile, mais faut y aller! Nous partons à 6h30, bien requinqués par ces 2 jours de pauses sans courbatures à part Fred (sûrement à cause de l'alcool de la veille). C'est super agréable de retrouver la forme, en plus, le terrain est agréable, tout se passe en sous-bois.. Aaahhh, finalement, le GR20 c'est pas si terrible! Nous arrivons vers midi au refuge d'E Capanelle, l'étape a été courte finalement. Le refuge est tout petit et n'est pas gardé. Nous prenons notre repas ici, de la grande gastronomie de randonneur : une bouillie de blé mélangée avec de la vache qui rit, le tout inondée d'huile d'olive au basilic. Le coin étant vraiment moche (station de ski l'hiver), après consultation de la carte, nous partons pour les bergeries de Capelle à 1 heure de marche. Une fois sur place, les bergeries ne sont pas habitées, mais le coin est sympa, alors nous posons les tentes. Fred en profite pour faire un brin de lessive pendant que nous lézardons au soleil. Puis vient l'heure (17h45 quand même) du repas qui fut sommaire (soupe et sauciflard) pour se coucher super tôt à 19h00! Mais avant de se coucher, nous décidons de nous protéger des grands prédateurs corses à savoir les cochons sauvages. Pour cela, nous faisons un petit mur avec la caillaisse, histoire de les bloquer d'une part et que cela fasse du bruit d'autre part!

Capanelle - Prati (Etape 11)

Réveil comme d'hab à l'aube, vers 5h30. Nous avons passé une bonne nuit malgrè la petite pluie qui est tombée, et il semblerait que les cochons ne soient pas passés dans le coin. Il fait froid dehors, j'ai un peu de mal à sortir de mon petit sac de couchage douillet quand Fred arrive en me disant : "Vite, ton appareil photo, y'a un gros lezard avec des taches oranges, on dirait de la réglisse à machouiller!". Ni une, ni deux, je suis debout, en réfléchissant à cette bestiole, mes souvenirs de l'époque où je remplissais mon album Panini sur le WWF me reviennent, ca ne peut être qu'une salamandre! Diantre, il faut que je la vois! Effectivement, c'est plutot rigolo comme bêbête. Après ce réveil très frisquet, on ne traine pas! Démontage des tentes sans prendre le ptit dej, on se les pèle trop, on mangera plus tard une fois que le soleil nous réchauffera de sa douce chaleur... Ce matin, nous avons croisé un bon paquet de salamandres (est-ce le coin ou la pluie de la nuit qui les a faites sortir?), mais aussi pas mal de processions de chenilles dont des très longues (imaginez un peu une succession de milliers chenilles qui fait une dizaine de mètres!) ainsi que pas mal de cochons sauvages. Au col de Verde, nous nous arrêtons au refuge pour prendre un bon chocolat chaud avec du babybel, du saucisson, des barres de céréales, bref de quoi se retaper avant d'affronter la dernière mais terrible montée (+600m) de la journée. Fred et moi partons sur les chapeaux de roues, remontés à bloc, doublons un groupe d'allemands en balade et arrivons finalement au refuge en 1 heure! La vache, ce fut bien violent mais que c'est booonn :) Bon, toujours la même rengaine, douche bien chaude, bain moussant, masseuses à l'arrivée avec cocktail de bienvenue au refuge. Ah non, je me suis trompé de carnet de voyage! Nous glandons tranquillement en attendant que le repas du soir soit servi. Dehors le temps est pourri, on voit que dalle, on est dans les nuages quoi... Revenons aux choses sérieuses, le repas! Ce sera charcutaille, sanglier pates et fromage... pfiouu toujours aussi bons et copieux ces collations de montagnards! Et hop au lit comme les poules, demain nous voulons partir tôt car le temps est vraiment incertain...
Prati - Usciolu (Etape 12)

Ptit dej vite pris, pas de tente à démonter, nous sommes prêts à partir vers les 6h00. Nous avons bien fait, le soleil se lève à peine et nous pouvons jouir d'un magnifique lever de soleil qui se reflète dans la mer! Nous marchons sur les crêtes mais notre crainte concerne cette merde nuage que nous dominons du haut de la montagne. En effet, nous jouons à cache à cache avec les nuages, un coup nous sommes dedans, un coup nous sommes plus haut, un coup à gauche, un coup à droite. C'est dommage car au dessus, il fait plutot beau! Ah oui, faut pas que j'oublie de raconter ça, sinon y'a Fred qui va raler. Alors, en fait, nous partons tranquillement devant, trottinant gaiement, discutant, faisant les cons, puis au bout de quelques temps je lève (ou ouvre ?) les yeux, puis me dit : tiens, c'est bizarre, je me souviens plus quand est-ce que j'ai pas vu de marques... Pourtant, la haut, y'a pas non plus 36 chemins, et bien, quand même, nous avons loupé un embranchement, puis d'un coup à scruter les alentours, nous voyons les marques 50 mètres plus haut! Nous coupons direct, mais ca grimpe dur! Ok, c'est de ma faute, c'est moi qui était devant... En plus, de ce coté, y'avait pas de brouillard, donc aucune excuse pour moi... Pour la redescente au refuge, nous n'aurons pas le choix, il va falloir plongée dans cette purée de pois... Aucune visibilité, pas vraiment de chemin mais plutot un pierrier, ca glisse, on cherche des marques, cette descente était bien merdique. Comme demain, c'est une longue étape (7 heures), nous optons une nouvelle fois pour une nuit en hotel 4 étoiles avec tout le confort que cela comprend : chambre de 20 lits, douche directe à la source. Bon, cela va faire quelque temps que nous ne pouvons faire de lessive, là, il va être temps même si le séchage va se révéler périlleux. Pour pas se louper, je lave qu'un slip, une paire de chaussettes et un t-shirt, comme ca, même si c'est pas sec, je pourrais garder mes vêtements sales. Ben oui, vaut mieux marcher avec des vêtements sales que des vêtements mouillés! En attendant que la lessive sèche, nous jouons à UNO, la chance n'était pas avec moi... d'ailleurs, elle ne le sera jamais vraiment à ce jeu de cartes... On garde la même rengaine, manger tôt puis dodo dans la foulée!

Usciolu - Asinau (Etape 13)

Cette fois-ci lever à 5h00 pour un départ à 5h45. Cette étape est plutot particulière, d'une part pour sa longueur et d'autre part pour sa diversité. En effet, on passe d'un paysage de haute montagne à une forêt de hêtres nains puis par des prairies avec des vaches et cela sans vraiment passer par des dénivelés importants en plus. C'est vrai que se retrouver comme ça sur un plateau au détour d'un bloc de pierres, c'est véritablement surprenant. Et cette forêt de hêtres nains vous ramènent dans les comtes de fées de votre enfance ou même le Seigneur des Anneaux! On s'attend à croiser une maison en pain d'épice ou un hobbit! Par contre, comme hier, la descente au refuge se fera dans la brume, pas autant qu'hier mais quand même... ca commence à bien faire! Nous squattons au refuge pour tout un tas de bonnes raisons (la fatigue, le temps, la flaime).
Alors là bas, nous rencontrons Jean-François, un gars qui a décidé de faire le GR20 sur un coup de te sans avoir rien préparé ni rien connaitre de la rando en montagne. Il a pas de cash, pas de ravitaillement, mais comme il dit, il voit au moment présent :) Nous jouerons aux cartes tout l'après midi puis finalement, plus de courant, et oui, c'est pas avec ce temps pourri que les panneaux solaires vont pouvoir jouer leur rôle... Nous mangerons au refuge, et là quel régal! Ce n'est pas un poil corse mais qu'est ce c'était bon : un simple poulet - frites maison qui baignaient dans l'huile... Pour le repas, contrairement aux autres refuges, le gardien proposait un peu ce qu'il avait et on lui disait si ca convenait ou pas. Après s'être bien rassasiés, il fut temps de se mettre au lit.
Asinau - Paliri (Etape 14)

Dimanche 30 mai. La routine quoi, ptit dej, préparation des sacs, et c'est parti! Aaah, le temps s'annonce magnifique, enfin ne nous emballons pas, la montagne nous a réservé quelques mauvaises surprises ces derniers jours. Nous quittons petit à petit la moyenne montagne et nous retrouvons dans les hautes herbes, au milieu des petites abeilles qui vaquent à leurs occupations sans se soucier de nous. Que c'est agréable de retrouver la verdure, ces couleurs si chatoyantes, la fraicheur de l'ombre et des arbres... Puis, d'un seul coup, nous croisons un groupe de 20 teutons, habillés comme pour la petite promenade digestive de pépé le dimanche, ca crie, ca rit... pfiouu, ce retour à la civilisation est bien violent. On aurait presque envie de s'enfuir en courant retourner dans nos montagnes au silence! 'fin bon, nous en croisons d'autres, car nous arrivons à Notre Dame des Neiges, haut lieu de pélerinage, envahi par les cars allemands et néerlandais. Nous nous arrêtons à la terrasse d'un café se désaltérer puis, finalement, vient l'heure du repas, nous marchons 10 minutes, le temps de descendre au village de Bavela puis nous arrêtons dans un restaurant manger à la terrasse, pour rpofiter du beau temps. C'est l'occasion pour moi de gouter une omelette au brocciu. Bon finalement, ca n'a rien de transcendant, c'est une omelette, quoi... Nous reprenons notre route vers le prochain refuge, mais là, nous sentons bien que le GR20 sauvage, c'est fini, les sentiers sont larges, nous croisons quelques familles qui randonnent gaiement et finalement nous arrivons tranquillement au refuge. Alors l'arrivée est assez particulière, je dois dire. 1 km avant le refuge, le sentier est tout déblayé, puis vient des marches faites avec des rondins, puis s'ajoutent des rembardes pour finir avec des massifs de fleurs, des cailloux colorés... Et ben, le propriétaire du refuge a aménagé sa bicoque! Pour ma part, je trouve vraiment excessif, il en a trop fait que ca devient de mauvauis gout tous ces petits aménagements. Comme à chaque arrivée, nous montons la tente, faisons la lessive, prenons la douche froide tant méritée puis nous installons pour jouer à Uno. Nous discutons avec des jeunes qui ont trouvé un chien à Conca qui les a accompagné durant toute l'étape. Apparemment, le chien mène sa vie et suit les randonneurs durant toute cette étape, et semble subsister grace à tous les petits bouts de nourriture que lui file les randonneurs. Après ça, nous expédions vite fait le repas et allons nous coucher vers 19h30.
Paliri - Conca (Etape 15)

Lundi 31 mai. Lever matinal, à 5h00, pour être arrivé à Conca avant midi, histoire de voir comment on s'organise pour l'après midi et les jours suivants. Nous démontons la tente, après un ptit dej, et commencons à prendre le chemin qui nous emmènera vers la mer. Dès le départ, nous sommes rejoint par le chien qui va nous ouvrir la voie, trottinant gaiement dans le maquis. Il fait plutot chaud, et à mesure que nous descendons, nous voyons la mer qui se rapproche inéluctablement. Le moral est bon, Loup impose un rythme rapide, un peu trop même mais nous suivons. Puis d'un coup, sans que l'on comprenne trop, on se tape une méchante cote qui va bien nous casser. Et finalement, on débouche sur une petite route goudronnée après avoir traversé une descente dans les bois. Ah non, ce n'est pas fini, il y a encore des marques. En suivant la route quelques kilomètres, nous débouchons à l'entrée d'un lotissement et puis un carrefour... Plus de marques rouges et blanches, ca sent la fin... Ca fait bizarre cette fin, on s'attendait tous à un truc un peu plus marqué pour nous dire que c'est fini le calvaire, genre une borne, un panneau mais là rien... Après avoir tourné un peu dans le village, nous arriverons au refuge de Conca. Pfiouuu, la fin du GR20, mes pov' tits petons et mes épaules s'en souviendront longtemps. Au refuge, nous réservons notre place dans la navette (8 €)et décidons en fait de se poser dans un camping que le mec de la navette nous présentera à 5 kms de Porto Vecchio. En attendant le départ de la navette (quand elle sera pleine, une personne de plus quoi), nous buvons à la terrasse et faisons la rencontre d'une allemande qui a décidé de faire un bout du GR20. Nous en profitons pour lui confier le chien puis nous prenons la navette. Le 1er camping que le gars nous propose ne correspond pas vraiment à notre standing (machin 4* avec bungalow, guirlandes qui clignotent et tout le tralala), puis le 2ème camping nous va très bien, c'est un 3* avec piscine, les emplacements pour tente sont sympa. Nous décidons de faire les courses, et demandons à ma gardienne du camping où nous pourrions faire nos emplettes, car il est vrai qu'aujourd'hui, c'est férié. Nous marcherons pas loin d'une heure avant d'y arriver, Bérangère était tellement sûre du chemin que personne n'a osé la contredire, alors nous suivons son pas, puis nous apprendrons que ce n'était pas l'endroit indiqué par la gardienne. De retour au camping à 18h00, nous préparons le repas (tomate + fromage) puis direction le sac de couchage à 19h30.
Porto Vecchio

Nous nous réveillons tranquillement à 8h00, caressé par les rayons du soleil à travers la toile de la tente. Bon, première chose, aller faire les courses au supermarché où nous y achèterons plein de bouffe, des cartes postales, un couteau pour Loup. De retour le midi, nous apprécions une salade de tomates et fromage et nous faisons griller du figatellu (saucisse d'abats). Après cela, nous faisons une lessive, ahlala que c'est apprciable d'avoir enfin des vêtements propres qui sentent tout bon! La piscine du camping commence à nous tenter même si le temps est moyen-moyen, et ce fut difficile de rentrer dans l'eau. Après quelques longueurs nous lézardons au soleil dans un transat au bord de la piscine. Nous discutons ensuite avec la gardienne qui nous raconte qu'il y a très souvent d'énormes chenilles dans le camping et que certaines années, ils ne peuvent même pas ouvrir le camping tellement il est envahi. Puis nous parlons de la Corse, puis sur des questions de Fred, nous explique que la Sardaigne est un endroit qui peut être intéressant à visiter une journée, si le marché est présent, c'est à dire le jeudi. La chose fut vite vue, nous décidons de consacrer notre jeudi à la visite de la Sardaigne, mais pour cela il faut que nous soyons à Bonifacio pour prendre le ferry. La navette Porot Vecchio - Bonifacio part tous les midis, donc ca sera pour le lendemain. En attendant nous décidons de passer la soirée à Porto Vecchio, et nous prenons la route. Loup et Bé réussiront à être pris en stop, et Fred et moi devrons marcher au bord de la route sans que personne ne s'arrête. Le soir au resto, le repas sera bon mais le service plutot long et nous rentrerons au camping sous la direction de Loup dans la nuit noire. AU petit matin, nous nous préparons à partir pour Porto Vecchio et choper la navette qui nous emmènera à Bonifacio. L'aller à Bonifacio sera mémorable, en effet, le chauffeur du car avait le pied au plancher, et nous étions en permanence sur la voie de gauche à doubler les voitures!

Bonifacio

Pfiouu, nous voilà arrivé à Bonifacio sains et saufs. L'arrêt du bus est situé juste en bas de la ville, dans le port, le soleil nous accueille dans cette merveilleuse petite cité. Nous décidons de faire un tour à l'office de tourisme pour voir ce qu'ils ont à nous proposer comme camping. En passant en bus, nous avons remarqué plusieurs terrains de camping, nous remontons donc la route, pour dénicher l'endroit où nous pourrons installer nos tentes. Finalement, nous n'aurons pas beaucoup à marcher, nous tombons sur un camping au bout de 5 minutes. Nickel, près de la ville, c'est ce qu'il nous faut! Après les démarches administratives classiques, nous posons nos tentes sur un emplacement en hauteur, à l'ombre. Nous descendons visiter la ville, c'est vraiment une expression, car en fait, il faut grimper pour voir la vieille ville, qui a vraiment du charme. Mais par contre, ca monte sacrément ces marches pour y accéder. Mais c'est pas ces cinquante marches qui vont nous arrêter avec tout ce que nous avons crapahuté avant! Nous faisons ensuite un petit tour sur une plage de galet, profiter du soleil. Loup et moi jouons à un jeu d'adresse, essayer de placer un galet sur un rocher dans l'eau. C'est pas évident du tout, il faut bien calculer son rebond... En rentrant, nous nous arrêtons acheter quelques bricoles pour manger, puis nous passons à table, ce sera lentilles. Après ce moment gastronomique, nous décidons de retourner en ville apprècier l'ambiance nocturne en savourant une glace... puis après direction dodo.
Santa Teresa Di Gallura (Sardaigne)

Aïe lever à 6h30 pour chopper le ferry qui nous amènera en Sardaigne. La traversée prend moins d'une heure, ce fut donc rapide. En débarquant nous nous pommons un peu, avant de finalement tomber sur le marché. Nous le traversons de long en large, avec une petite déception, il n'est pas très grand, mais cela sera suffisant pour que nous puissions acheter fromage et charcuterie. Nous remontons en ville, et nous posons tranquillement sur une terrasse, car Fred veut goûter au vrai café italien. Nous sommes vraiment bien, le soleil tape dur, c'est les vacances... Nous repronons la route des emplettes et achetons de l'alcool essentiellement. C'est l'heure de manger, et devinez où c'est que l'on va manger ? Et oui, une pizzeria/pasteria! Après cela, il est temps de goûter à la belle plage italienne. Une petite heure à profiter du soleil, mais voilàa que les nuages arrivent... Que fait-on, se magner pour choper le ferry qui part à 15h ou bien prendre le suivant? La décision fut difficile à prendre, entraina quelques heurts mais finalement, nous courrons pour tenter de prendre le ferry. Ce fut juste de chez juste, car ils nous ont attendu en fait nous voyant courir au loin. Le bateau quitte le port, et là, ca commence a tanguer gentiement. Une personne du staff passe distribuer des sacs en papier... mauvais signe tout ça. Le ferry a vraiment tanguer méchamment, j'aurai jamais crû qu'un bateau de cette taille pouvait bouger autant. Fred, tout blanc, serrait les dents... moi, ca me faisait plutot marrer. Finalement après une heure et demie de traversée mouvementée, nous sommes arrivés à bon port... Aaah la terre ferme... Nous rentrons au camping, échanger nos affaires mouillées, puis direction la ville pour trouver un resto. Nous nous arrêtons finalement sur un resto nommé la cantina doria... L'accueil est très sympa et quel régal! Soupe corse, tripes, gateau à la chataigne.
Bonifacio (visite)

Ce matin, Fred et moi, sommes pas très motivé pour faire quelquechose. Pendant que Loup et Bé marcheront aux bords des falaises, nous décidons de nous poser à la terrasse d'un café pour lire et faire les cartes postales. Aaah, ca fait vraiment du bien, de glander ce matin, en prenant un bon café liègeois réchauffer par le soleil du matin. Loup et Bé nous rejoignent puis nous allons faire les courses et manger. Cet après midi, le jeune couple ont dans l'idée de faire du jet-ski. Vu le prix (~ 100 €, la demi-heure) et mon manque d'intérêt pour ce sport, je reste avec Fred. Nous allons nous faire les calanques. Il fait plutot beau, et nous voila à marcher sur des petits sentiers en tongs. La première calanque s'avère plutot être une décharge, une carcasse de bagnole est en train de se faire rogner par la mer. La suivante est guère mieux, nous marcherons une bonne heure avant d'en trouver une pas trop mal. Nous posons tranquillement nos serviettes puis nous allongeons. Hélas, au bout d'un quart d'heure, nous sommes réveillés par un haut-parleur... Grr, c'est quoi, en fait, la calanque fait partie du circuit des petits bateaux pour touristes. Il doit être 17 heures, nous rentrons au camping où Loupet Bé nous rejoignent. Un repas vite fait, une glace dans le port et dodo. Le lendemain, c'est pareil, nous nous partageons en deux groupes, Loup/Bé, Fred/moi. Fred et moi remettons en place le même programme qu'hier, à savoir glandage à la terrasse d'un café pendant que Bé et Loup passerons la journée à la plage. Je passe m'arrêter à une librairie pour acheter un bouquin. Le soleil est toujours présent, la terrasse aussi agréable, l'heure tourne... Il est midi, nous allons nous restaurer au resto nommé la cantina, et c'est toujours aussi bon. Je me laisse tenter par une aubergine à la bonifacienne, quel régal. C'est la dernière après midi dans la ville, je me balade tranquillement dedans en faisant mes derniers achats pendant que Fred retourne au camping lire encore un peu. Je décide après de faire un tour sur les falaises pour faire quelques photos. Le soir, nous nous retrouvons à manger au resto, toujours la cantina... C'est le dernier resto, ca sonne un peu la fin des vacances, puis nous reontrons nous coucher.
Retour au pays...

Dimanche 6 juin. La journée s'annonce longue. Le réveil est un peu dur, les vacances touchent à leur fin. Nous démontons les tentes, rangeons nos sacs. Comme nous sommes en basse saison, il n'y a pas de bus ou navette pour l'aéroport, seulement les taxis, qui bien sûr en profitent largement. C'est pourquoi nous avons préféré y aller en marchant. Cela sera 20 kilomètres assez éprouvants au final. En effet, le soleil tape dur, le bitume chauffe aussi, les sacs sont lourds, la route est longue... Chacun prend son rythme, je m'arrête faire quelques photos, nous longeons d'abord la mer, avant de nous enfoncer dans l'arrière pays. FInalement, après plusieurs heures de marches, une bonne vingtaine de bornes, nous arrivons à l'aéroport de Figari, perdu en pleine brousse. Nous posons nos sacs, et nous posons à la terrasse de l'unique café de l'aéroport. Il nous reste quelques heures à attendre et nous sortons le jeu Uno pour faire passer le temps. Vient le moment d'enregistrer les bagages, puis nous montons dans l'avion... Adieu la Corse, bnojour Paris... Avant la fin du vol, le commandant de bord nous annonce que nous devons tourner en l'air car Air Force One, l'avion du président des USA, Bush, est en train de décoller d'Orly. Nous voilà arriver, c'est bel et bien la fin des vacances. Nous nous séparons à l'aéroport et chaun regagne ses pénates. Une page se tourne, mais cela restera vraiment de bonnes vacances. Le GR20 est vraiment une belle randonnée, bien qu'elle soit éprouvante. Il faut vraiment se préparer physiquement à affronter ça... Mon seul regret sera de ne pas l'avoir fait entier, mais je reviendrai me mesurer à la caillasse du GR20, et je pourrai dire : je l'ai fait en entier.